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Notre Histoire

Année 2045. 80% de la population a développé des pouvoirs surnaturels, surnommés Alter. Certains les utilisèrent pour semer le chaos, détruire ou réaliser des activités illégales.
D'autres, à l'inverse, utilisèrent leurs nouvelles capacités pour sauver la veuve et l'orphelin, rendant réel le métier autrefois fantasmé de Super-héros, qui devint, au fur et à mesure, une activité reconnue par l'état. C'est ainsi que des écoles se spécialisèrent dans l'éducation de nouveaux justiciers, prêts à affronter ceux bravant la loi : les vilains. La suite

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Prédéfinis


Bloup bloup. [UC]

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Sam 17 Mar - 15:43


Sayori Yama

 

Informations


Nom Complet :: Sayori Yama
Surnom :: Neptune "The Leviathan" Tempest
Date de Naissance ::  3 décembre
Nationalité ::  Japonaise
Groupe ::  Civile
Alter ::  Mutation Poisson Carnassier
Avatar :: ft. Undyne de Undertale

Derrière l'écran


Parles un peu de toi :: Bonjour. Je n'ai point de vie, pourtant j'ai toujours l'impression de manquer de temps. Est-ce que je suis bizarre ?
Comment a-tu découvert le forum :: En cherchant.
Comment le trouve-tu ::  En tapant "My hero Academia", c'est google qui le trouve pour moi ensuite.
Tes disponibilités :: Ca dépend trop pour que j'écrive quoique ce soit.
A-tu lu le règlement,
si oui la preuve ::
 Nedzu est un animal
Autre ::  Bouh.

Physique

Hm ? Oh, salut. Oui, je sais. Je n'ai pas choisi d'avoir des nageoires à la place des oreilles, tu sais ? Donc tu pourrais arrêter de me fixer comme ça ? Merci. Mes dents ? Qu'est-ce qu'elles ont, mes dents ? C'est leur forme ou leur leur longueur qui te dérange ? Ca non plus, j'y peux rien. Crois moi, j'aurais vraiment adoré avoir des jolies quenottes et un sourire de publicité pour dentifrice. Mais je suis née comme ça, des dents de piranhas à la longueur de crocs de barracudas. Écoute beau gosse, mon alter n'est clairement pas le plus laid dans le coin, alors pourquoi tu me regardes comme si j'étais une oeuvre d'art contemporain ? C'est mon cache-oeil ? Qu'est-ce que j'y peux, si j'aime le style pirate ? Et puis, c'est mieux que d'exposer un trou, ou un œil de verre.

C'est quoi, c'est mes écailles ? J'en ai plus dans le dos, sur les épaules, la nuque et sur le bas des jambes que j'en ai sur le visage, et vu que c'est mon minois que tu fixes comme ça, je pense pas que ça soit le cas. Ca doit pas non plus être ma nageoire dorsale vu que... Ben t'es en face de moi. Celles sur mes bras, peut-être ? Non plus, à moins que j'ai des bras qui m'aient poussé au visage, mais j'en doute. Alors quoi ? Ma longue chevelure soyeuse ? Mes grands yeux dorés ? Les branchies sur mon cou, peut-être ? Non ? Toujours pas ?

Tu vas me laisser mariner encore longtemps ?

Hein ? De la chantilly sur... Oh. Oh, d'accord. T'aurais quand même pu me le dire tout de suite au lieu de me faire partir en monologue sur mes extravagances physiques. Encore un peu et j'allais croire que tu me fixais comme ça parce que j'avais la peau bleue. Raciste.

Caractère
Tl;Dr : -Peu apte socialement
-A des goûts très variés en terme de musique (Genres préférés : Power Metal, Jazz)
-A des goûts variés en terme de littérature (Genre préféré : Haute Fantaisie)
-Très casanière
-Grande amatrice de Catch (particulièrement la WWE)
-Tendances flemmardes
-Solitude
-Apprécie la lecture
-Adore les jeux, vidéos comme classiques
-Sportive (surtout à cause de ses centres d'intérêt -catch- et pour simplement vivre convenablement avec son alter -piscine-

-Est consciente de ses défauts, et tente souvent d'y remédier. Mais ça lui passe vite.
-Peu régulière
-Difficilement motivée
-Ne se sent pas à sa place dans la société japonaise
-Grosses insécurités face à son apparence et ses centres d'intérêts.
-Paradoxalement, trouve toute altération d'apparence superflue (sur elle comme sur les autres)

Nrmh... Graah mais la ferme, le réveil... Attend, le réveil ? C'était quelle musique ? Sabaton ou un solo de Saxo de Coleman Hawkins ? Vu le réveil douloureux, probablement le premier choix. Ah zut ! J'ai encore raté l'heure du repas. Bon, je ne suis pas affamée, qui dort dîne, et franchement, j'ai une flemme incroyable de sortir de mon lit aquatique. J'ouvre les yeux. Le soleil est trop fort pour mes pauvres globes oculaires... Bon. Qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui...? J'ai jusqu'à 18 heure avant de commencer a streamer, il faut que je comble... C'est l'inconvénient, quand on ne planifie rien à l'avance, on se retrouve à ne pas savoir quoi faire. Idiote. Je déteste ça, mais je sais pertinemment que si je me mettais à prévoir des choses, ça me passerait au dessus de la tête.

Je vais probablement tuer quelques heures a lire. C'est vraiment devenu mon passe-temps par défaut. Ça, ou Youtube. Ou des jeux vidéos.  Tout ce qui peut me faire penser à autre chose que le fait que je suis une petite larve qui ne sort pas de son aquarium. Heureusement que j'aime le sport, sinon je deviendrais une loutre. D'ailleurs en parlant de sport, il me semble que la rediffusion du dernier SmackDown passe ce soir. Au moins je sais ce que je fais après mon stream ! RIEN ne se met entre moi, et mon catch. Sauf peut-être un nintendo direct.

Je passe vraiment trop de temps dans ma chambre à me gaver de jeux vidéos et d'anime. Quoique, je passe aussi beaucoup de temps à la piscine. Et dans le ring. En fait, je suis pas tant une larve autant que je suis asociale. Mince, je suis seule, effectivement. Bon, c'est vrai que... Je n'y mets pas forcément du mien non plus. Il faudrait peut-être que je change ça. Mais d'un autre côté, qui souhaite être ami avec une face de poisson qui passe sa journée dans chambre, gagne sa vie en donation sur un stream donjon et dragon, et qui ne sort que pour aller à la piscine ou aller suivre un entraînement de catch ? Et les courses, mais ça ne compte pas. Casanière, ça doit être le mot que je cherche. Et peu adepte socialement, j'imagine. Et mes hobby ne sont clairement pas "mainstream" non plus... Ajoute à ça que je n'ai pas de "véritable" emploi alors que j'ai vingt ans et que j'ai arrêté les études à 17... Vraiment, je ne suis pas faîte pour la société d'ici. Une nerd adepte de memes et surtout cultivée en internet, avec des centres d'intérêts qui ne tournent pas autour des héros et autre sujets habituels... J'imagine que c'est un peu de ma faute aussi. Mais je suis tellement bien chez moi. Et j'aime tellement peu la pression sociale. Bien s'habiller, se maquiller... Ce genre de choses, j'y vois tellement peu d'importance. Et pourtant, c'est assez nécessaire pour se faire des amis, de ce qu'on m'a dit.


Histoire
"Allez, cette fois... Vas-y, saute. Et... MAIS NON, SAUTE PAS ENCORE ! NON ! NGAAAAH"

Ce jingle de mort. C'est la cinquième fois que je l'entend en moins de cinq minutes. Clairement, ce frère marteau en a après ma santé mentale... Et après l'état de ma manette de super Nes que je viens de lancer sur le sol. J'espère que je ne l'ai pas cassée, ce petit bijou de technologie rétro coûte une fortune de nos jours. Je la ramasse... Verdict : En état. Fiou.

Moi ? Je suis Sayori Yama. Si j'avais besoin d'identifiants pour me définir, je dirais : Gameuse, Catcheuse et petit poisson. Gameuse, parce que je suis une véritable fondue de jeux vidéos. Enfin, c'est un petit peu réducteur, il est vrai que je m'adonne aussi aux jeux de plateau, mais il n'empêche, c'est vraiment les univers vidéo-ludiques qui m'attirent le plus. J'ai toujours baigné dans cette "sous-culture", depuis ma toute jeunesse. C'est probablement grâce à mon père. Et oui, grâce, et non à cause. Je prend ma sous-culture avant n'importe quelle "culture classique", merci beaucoup.

Quand j'étais encore toute minote, j'étais bien différente de maintenant. Quand mes parents parlent de moi à cette époque, ils évoquent une certaine inconnue qui était "la petite fille la plus serviable du monde". Bon, ils exagèrent, mais c'est vrai que j'étais une enfant adorable. J'étais toujours de bonne humeur, je souriais en permanence avec mes grandes dents de barracuda, et je voulais faire "la grande". J'aidais au ménage, je rangeais mes jouets, je débarrassais la table. Il faut dire que j'étais relativement précoce. J'ai dis mon premier mot à 8 mois, et je parlais "comme une grande" a 1 an. C'est surtout grâce à mon père.

Mon père, je ne l'ai pas vu beaucoup, quand j'étais très jeune. Il travaillait -et travaille toujours- dans un restaurant traditionnel, et s'il y a une chose que je sais grâce à lui, c'est que pour avoir un travail fait comme il faut, il ne faut pas hésiter à commencer très tôt et finir très tard. Il se tuait à la tâche, son seul objectif était de subvenir à nos besoin, à ma mère et moi, pour que j'ai ensuite un bon avenir. Et il aurait pu s'arrêter là, comme tant de pères Japonais. Mais mon père était vraiment un homme extraordinaire. Maintenant que je connais mieux son train de vie, je sais à quel point il était fatigué en rentrant de son petit restaurant pour la pause de l'après midi, et pourtant, il trouvait quand même la force de jouer avec moi. Je ne le voyais que peu, mais suffisamment pour le considérer comme un vrai super héros. Il travaillait, rentrait, jouait avec moi, et c'est lui qui m'avait permis de découvrir ma passion pour les jeux vidéos, auxquels nous jouions beaucoup ensemble. Il était celui qui m'offrait la glace que ma mère refusait, il était celui qui ne se trompait jamais, il était celui qui me faisait la surprise de venir à la sortie de l'école sur sa grosse moto quand il finissait assez tôt, il était celui assez fort pour faire peur aux garçons qui m'embêtait, et il était celui assez gentil pour me consoler quand j'allais mal. Un père japonais ne s'occupe typiquement pas d'un enfant comme ça, surtout pas d'une fille. J'ai eu une chance incroyable de naître dans sa famille.

Ma mère, en revanche... Si au début de ma vie, du moins ce que je m'en souviens, tout allait pour le mieux... J'ai rapidement appris à la haïr. Quand j'étais petite, il n'y avait pas de problèmes notoires. Mais rapidement, ma mère a finit par montrer une claire jalousie de la façon dont je traitais mon père. Pour situer, ma mère est une femme... Gentille. Vous savez, ce qualificatif qu'on donne lorsqu'on a rien de moins blessant à dire. Ma génitrice n'est pas très intelligente, mais très irritable, persuadée de toujours avoir raison, inculte au possible, et pour ne rien arranger, excessivement gueularde et très, très intolérante. Je suis certaine qu'elle doit avoir des qualités. Mais elle ne me les a jamais montrées. Enfin "jamais". Si. J'ai dû les voir, à certain points, mais les constantes engueulades, mélangées à des journées de silence radio, et une continue émasculation figurative de ma vie avec des tentatives de contrôle bien trop grandes... Ca n'aide pas à être objective sur la situation.

Tout à commencé autour de mes quatre ans. J'avais une enfance plaisante jusque là, un petit train train avec mes parents. En tant que fille unique, je sais que j'ai été choyée outre mesure, je pense que c'est le cas pour tous les enfants seuls, même s'ils ne l'admettront pas. Et j'avais, donc, déjà développé un petit caractère. J'étais loin d'être une furie, ou une enfant capricieuse, mais je ne supportais pas -je ne supporte toujours pas- qu'on considère mon âge comme un argument pour me faire taire. Je pense que c'est dans cette zone là que ma mère et moi, ça a finit par tomber dans les méandres des conflits familiaux. Comme je l'ai dit, ma mère rêvait d'être celle au contrôle. Mais... Comment dire. Ma mère est un caniche, là ou mon père est un berger allemand. L'une aboie, aboie, aboie, grogne parfois, mais ne mord pas. L'autre n'aboie pas, explique calmement, mais mord UNE FOIS. Et c'est suffisant pour être marqué a vie. C'est ce qui s'est passé pour moi.

En fait, j'avais la salle manie de m’immiscer dans les conversations des adultes, chose que ma mère abhorrait, car il s'agissait là d'un manque de respect flagrant pour elle, et non pas une volonté d'exister et d'apprendre. Et donc, plutôt que de m'encourager et de m'expliquer, elle prenait la mouche, m'enguirlandait, et m'envoyait balader à coup de "les grands discutent". Et vu que j'étais relativement seule, mon seul refuge, c'était les jeux vidéos de mon père. Rapidement, c'est devenu la pièce que je fréquentais le plus : La petite pièce en haut avec un canapé, une table, une télévision, et surtout, des consoles. C'est vraiment dans cette pièce que j'ai passé les meilleurs moment de ma vie, à l'époque en tout cas.

Je n'avais jamais été populaire à l'école, les enfants sont des choses cruelles entre eux, et mon alter était à la fois un attrape-moquerie, et un symbole de terreur. Vraiment, c'est l'école, la pire partie de mon enfance. Je n'avais vraiment, mais vraiment pas d'amis, le contraire, même, parce que je sortais de la norme.

Alors, oui, c'est vrai. Avec les alters, la "norme" n'est plus vraiment définie physiquement, mais elle est toujours très présente socialement. Ca n'était pas trop horrible dans les premières années, mais en grandissant, ça commença à devenir pesant. J'étais toujours seule, ignorée au mieux, "embêtée" au pire. Mais quand les fillettes japonaises "t'embêtent", ce n'est pas simplement une brimade en passant. Très rapidement, ça peut tourner au châtiment corporel dans les vestiaires, SURTOUT lors de l'adolescence... J'ai subis des humiliations publiques à plusieurs reprise parce que je n'étais pas la fille pleine de vie qui piaillait avec les autres, j'étais plus celle dans son coin à l'heure du repas, au fond de la classe, à manger seule. Vous vous dîtes probablement que j'exagère, mais croyez moi : il en faut très peu, au Japon, pour subir ces humiliations. Parfois, j'ai entendu dire que le simple fait d'avoir du sang étranger, de ne pas participer, ou au contraire, de trop participer, pouvait transformer la vie de certains élèves en enfer. Foutue société japonaise de merde, l'homogénéité vous tuera, plus vite que les jeunes ne se tuent.

Personnellement, à plusieurs reprises, j'ai subis des moqueries, des insultes, des blessures. A trois, à cinq, à huit, ce n'est pas par victimisation que je me présente comme une victime : Pendant longtemps, ça a été le cas, et ça avait commencé tôt. L'isolation, qu'on m'a d'abord infligée, et que par cercle vicieux, je m'infligeais moi-même, avait commencé dès mes premières années dans le système scolaire.

Mon seul vrai ami, c'était mon père. Bien sûr, il était autoritaire, mais il savait se mettre à mon niveau de gamine frustrée. On pouvait discuter de tout, il me battait toujours au concours de chatouilles, et il me remontait toujours le moral après une salle journée de cours. Les jours où il ne pouvait pas rentrer du travail parce qu'il avait trop de mise en place à faire étaient les pires jours pour moi. Souvent, lorsqu'il rentrait, il me rejoignait et jouait à la console avec moi, ou bien, s'il finissait avant que ne retentisse la cloche, il venait me chercher sur sa moto, et m'emmenait faire un tour avant de rentrer. Dans ces moments là, mes soucis s'envolaient, et j'étais vraiment heureuse. Cependant, ma mère tomba malade. Ses poumons avaient pris un fameux coup, et l'air de la ville ne lui convenait plus, elle devait obtenir l'air pur de la montagne, ou au moins de la campagne. Et c'est ainsi que j'ai du partir avec ma mère dans les contrées inexplorées... D'un patelin paumé.

Et là commence ce que j'aime appeler la "guerre froide de 2033-2038". J'avais alors 8 ans.

Ma mère était devenue aussi seule que moi, pour le coup. Nous étions toutes les deux sans connaissances dans les environs. Nous vivions dans un très petit village, tout au plus un millier d'habitants. La petite maison dans laquelle nous habitions était.. Rustique, pour rester polie, et le simple fait d'avoir internet relevait du miracle. L'état de santé de ma mère ne la rendait pas plus agréable, bien au contraire, et mon père ne pouvait venir me voir qu'un jour dans la semaine.

Ma génitrice... C'est pendant ces années là que j'ai appris à la connaître. Cette femme ne sait pas parler, elle s'exprime en montant la voix, tout le temps. Elle est aigrie au possible. Le problème c'est que j'ai appris à la mépriser très vite. Elle n'avait presque aucune autorité sur moi. Certes, je restais l'enfant, et j'étais trop bien élevée pour complètement lui faire ravaler cette langue trop bien pendue, mais il n'empêche que le contrôle qu'elle essayait de mettre sur moi n'avait aucun effet. C'est dans cette période là qu'elle commença a montrer les signes de jalousie envers mon père. Je pense que le problème venait particulièrement de la haine de mes centres d'intérêts que ma mère avait. Tous les centres d'intérêts que j'avais développé jusqu'alors me venaient de mon père. Les jeux vidéos en principal étaient remis en question. Et, certes, je peux admettre que "passer ma vie dessus" n'était clairement pas une bonne chose au point de vue de ma santé. Mais le problème ne venait pas de là. J'ai toujours pu comprendre. Vraiment ! Je comprenais quand on m'expliquais, qu'on prenait le temps de me donner un raisonnement. Le souci, c'est que ma mère n'avait pas les moyens intellectuels de le faire, ou alors elle n'en avait simplement pas envie, parce que ça coulait de source pour elle que 10 ans n'était pas un âge ou on discute, mais un âge ou on obéit. Sauf que, et je l'ai toujours dit, il n'y a rien de plus frustrant pour un enfant que d'insulter son intelligence. Mon père comprenait ça, et je le respectais beaucoup parce qu'il m'expliquait les choses en prenant autant de temps que nécessaire, et je pouvais lui parler librement. En plus, à cet âge, j'avais commencé à avoir la notion du poids sur ses épaules, et le fait qu'il prenait encore le temps de venir me voir, même une seule fois par mois, forçait mon respect encore plus.

J'avais ENVIE de respecter mon père, j'aimais mon père parce qu'il était un homme fantastique et qu'il m'a toujours traitée comme une enfant intelligente, ne m'a jamais parlé en "bébé", et prenait du temps pour moi malgré la poids massif de son travail et de la distance qu'il devait porter tous les jours.

Ma mère voulait m'imposer le respect, voulait que je l'aime parce qu'elle m'a donné la vie -comme si j'avais eu le choix-, me considérait comme une enfant abrutie -par les jeux vidéos, peut-être ?-, et agissait comme si faire le ménage une fois tous les deux jours était une peine assez horrible pour passer sa vie à se plaindre.

J'adorais mon père.

Je méprisais ma mère.

J'avais  13 ans quand cette révélation m'a frappé au visage, après une discussion particulièrement virulente entre elle et moi. Elle voulait, comme toujours, me confisquer mes consoles, pour que je "sorte" et que je "me fasse des amis". Mais la raison de ma réticence a rencontrer les gens, la peur panique du regard des autres, même quand je lui expliquais, n'était accueillie que d'un "Arrête avec tes bêtises, moi aussi j'ai eu des petites disputes quand j'étais jeune". Oui. Des petites disputes, quand je rentrais le soir avec du marqueur sur le corps, des contusions violettes sur les bras, ou le visage, un oeil crevé, des entailles, des écailles arrachées. Des petites disputes. Rien de bien grave. Ignore, Sayori, ils s'en lasseront. Elle m'avait pourtant ramenée elle à l'hôpital, alors que j'étais en larmes, la joue sanguinolente, après m'être prise un coup de cutter sur le visage, parce que j'avais refusé de me déshabiller dans les toilettes pour que les filles me recouvrent d’ignominie. Inutile de dire que mes cris furent rapidement bloqués par un ballions, ma chemise promptement ouverte, en faisant bien attention d'arracher les boutons pour que je ne puisse plus la fermer comme il faut, me forçant a exhiber les glyphes moqueurs dessinés sur mon corps.

Ma mère les a vu. Elle a vu ce qui m'avait été fait. Elle a vu à quel point ces maltraitances étaient ignorées des professeurs, par "manque de preuve", ou parce qu'ils "n'avaient rien vu". Je savais que je n'étais pas la seule de mon établissement à subir ce genre de traitement, et que pour eux non plus, rien ne serait fait. "Le clou qui dépasse appelle le marteau". Un proverbe qui décrit bien cette mentalité "homogénéitste" du milieu scolaire Japonais. Mais non. Il ne s'agissait là que de petites disputes.

Qu'est-ce que j'aurais donné pour voir un psychologue. Mais c'est quelque chose de mal vu, alors je faisais la seule chose que je pouvais. Je me cachais derrière un mur de discrétion forcée, voulant seulement qu'on m'oublie, et qu'on me laisse en paix, "j'ignorais" comme m'avait dit ma mère, mais ça n'aidait pas du tout. Ma mère ruinait d'avantage mon moral en me forçant hors de ma chambre, en mettant sous clé mes jeux vidéos, ma seule échappatoire, et mon lien le plus profond avec mon paternel. J'étais seule. J'étais seule dans un monde qui ne voulait pas de moi, dans un monde ou je faisais tâche, dans un monde ou personne ne voulait voir ma douleur, et où personne ne voulait me venir en aide. J'étais le clou qui dépassait, il fallait que le marteau tombe sur ma tête.

Je ne pouvais qu'attendre le dimanche. Je ne pouvais qu'espérer avec impatience l'arrivée de mon père. Enfin, j'aurai quelqu'un à qui parler.

L'accumulation de fatigue et la distance l'avait forcé à ne plus pouvoir se déplacer qu'une fois par mois. Je ne lui en voulais pas, je comprenais. Mais c'était très long. Une durée qui semblait infinie. Chaque semaine de plus était un nouvel abus. Lorsqu'il vint, il me découvrit debout devant la maison, avec un casque sur la tête. Il était venu sur sa grosse moto, comme toujours.

"Sayori ? Qu'est-ce que tu fais là ?
-Papa, est-ce qu'on peut partir ?"

Mon regard monoculaire était celui d'un chiot battu, derrière la visière opaque qui cachait mon regard. Il comprit immédiatement que quelque chose n'allait pas. Il tapa avec sa main la place arrière de sa moto, m'invitant à le rejoindre sur le cheval mécanique. Nous avions roulé pendant bien quinze minute avant qu'il ne s'arrête. Il me fit descendre de sa moto, puis j'ai retiré mon casque.

C'était la première fois qu'il me voyait avec un bandeau là ou devait normalement se trouver un œil. Il était évidemment sous le choc. Je pense que n'importe quel parent l'aurait été. Ca faisait tout juste une semaine que j'étais sortie de l'hôpital, à ce moment là, et j'étais censée reprendre les cours une semaine après.

"Qu'est-ce qu'il s'est passé, Sayori ? Comment diable t'es-tu fait ça ?"

C'est là que j'ai compris pourquoi il n'est pas venu me voir à l'hôpital. Ma mère n'avait pas jugé nécessaire de le mettre au courant.

Je lui ai raconté ce qui m'était arrivé, ce qui m'arrivait depuis longtemps, encore plus depuis le déménagement. Les problèmes avec ma mère. La violence à l'école. Je lui ai tout vidé, ce jour là. Je n'avais jamais osé trop en parler, avant. Je savais qu'il avait beaucoup à faire. Je ne voulais pas lui ajouter encore plus de soucis. Mais je n'en pouvais plus.

Je lui ai parlé de mes tentatives de suicide. Oui, j'ai essayé de me suicider. Deux fois. La première fois en sautant depuis un fenêtre de mon établissement. J'avais été rattrapée par un professeur qui fumait sa cigarette un peu plus bas, j'avais seulement réussi à me briser une jambe. C'était arrivé après une matinée particulièrement difficile. Ma mère, de bonne heure, m'avait sorti du lit deux heures plus tôt que d'habitude, et m'avait forcée à aller en cours en avance, pour que je sociabilise et "me fasse des amis". De cette vaine tentative, je suis ressortie avec des brûlures de cigarette sur la peau, un dos endolori par les sacs que j'ai dû porter, des cheveux arrachés. Lors de la récréation, les deux filles dont j'avais dû porter les sacs m'avaient prise à part, et m'avaient battue jusqu'au sang dans les toilettes, prétextant des livres abîmés.

Tout ce que j'avais pu faire, c'était me mettre en boule, et prier pour qu'elles en finissent vite. Chacun de leurs coups me rendait de plus en plus faible, jusqu'à ce que je ne les sente plus, la douleur étant si grande que mon corps s'anesthésiait tout seul. Je n'étais plus qu'un sac d'écaille et d'os, qui remuait au rythme des poings, comme un sac de sable. Je pleurais, tête dans les mains pour me protéger le visage autant que possible. Cette matinée m'avait brisée. J'étais déterminée à en finir. Alors j'ai sauté du troisième étage, plongé pour être exacte. Je voulais me fracasser le crâne sur le béton, je ne voulais plus rien voir, plus que tout, je ne voulais pas y survivre. Mais alors que je chutais, j'ai vu ce prof, avec sa cigarette a moitié fumée. Et il a sauté, a tendu les bras vers moi. Il m'a attrapée dans ma chute. Lui s'est brisé deux côtes, et s'est déboîté l'épaule. Moi, grâce à lui, j'ai pivoté complètement, et c'est mes jambes qui ont pris le plus gros des dégâts.

J'avais douze ans. J'avais pris ce sauvetage comme un signe. Les choses s'arrangeraient.

Mais un an plus tard, mon calvaire n'était pas terminé. Le signe n'était pas suffisant. Ma deuxième tentative ratée arrive à l'hôpital, où j'ai voulu retenter un plongeon vers le sol. Cette fois-ci, c'était une infirmière qui m'en a empêché, m'attrapant avant que je ne puisse passer par la fenêtre. Comme si elle était derrière la porte, guettant le moment où j'allais tenter quelque chose. Coïncidence ? Peut-être. Mais le timing était parfait, elle est entré au dernier moment.

Ca, c'était forcément un signe.

Ca peut paraître niais. Mais quand on n'a plus rien, et que son seul rayon de soleil vit a plusieurs centaines de kilomètre, on se raccroche à la plus petite braise pour tenter de ne pas sombrer définitivement. A deux reprises, j'ai sombré dans l'abysse. Mais j'ai réussi à en ressortir en vie grâce à deux personnes dont je ne connais pas le nom.

Mon père était choqué. Il avait le visage de quelqu'un qui ne sait pas où se mettre.

"Mais... Mais Sayori, pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ?
-Je... Ne voulais pas que tu te fasses plus de souci que tu n'en as déjà, papa...
-Idiote."

Il m'attrapa dans ses bras, et je me suis mise à pleurer. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, pendant que mon père me serrait assez fort pour me faire perdre le peu de souffle que j'avais. Quand l’étreinte se défit, mon père m'attrapa par la taille et me posa sur sa moto, me tendant mon casque.

"Allez, on rentre.
-...
-Qu'est-ce qu'il se passe ? T'as quelque chose à me dire ?
-Papa... Est-ce que je peux rentrer avec toi ?"

Il avait l'air choqué de ma demande. Puis, avant de répondre, il prit une mine pensive, avant de hocher la tête.

"Si c'est que tu veux. De toute façon, j'avais deux mots à dire à ta mère."

Le soir venu, je prenais quelques affaires et je partais avec mon père chez lui. Le reste de mes possessions -ainsi que les consoles que mon père m'avait prêté- seraient toutes rapatriées à la ville, au fur et à mesure. Légalement, je vivais toujours avec ma mère, et ça resterait le cas comme ça pendant un peu plus d'un an.

La dernière chose que j'ai vu de ma mère à cette époque, c'était son visage avec le mascara coulant, une vilaine trace sur la joue gauche et une lèvre en sang, tandis que mon père sortait furieux de la maison, une trace de main rouge sur sa joue. Je sais que c'est mal, mais je n'ai pas pu m'empêcher de sourire joyeusement face à cette vision clairement choquante pour n'importe qui d'autre.

Depuis ce moment là, ma vie a commencé à s'améliorer petit à petit. C'est la que la partie "catcheuse" dont je parlais au début entre en compte.

J'étais toujours réticente à l'idée de sortir, et extrêmement terrifiée à l'idée d'entrer dans un nouvel établissement scolaire. Mon père comprenait ça. Alors, pendant les trois premiers mois qui suivirent mon arrivée, je vivais chez mon père, sans aller en cours. A la place, mon paternel me laissait la journée à la maison, et quand il rentrait du travail, m'emmenait chez des amis à lui, qui avaient des enfants de mon âge ou presque.

Inutile de dire qu'au début, j'étais tout sauf à l'aise. Mais les enfants en question étaient étonnamment gentils avec moi. J'étais devenu assez proche de plusieurs des autres minots. Takeshi Yamamoto, un petit gars d'un an mon cadet, qui était un véritable dieu avec un joystick à la main, Natsuki Suburu, qui est rapidement devenue ma meilleure amie, qui arrivait à rivaliser avec moi en terme de natation, et Satoshi Aruko, un loubard un peu plus vieux que moi qui voulait se donner des airs de gros dur, mais qui s'est ouvert à moi étonnamment facilement, révélant que c'était en réalité quelqu'un de très intelligent, avec plein d'intérêts différents, mais qui PARLAIT BEAUCOUP TROP.

Ces trois là finirent par être des personnes très proches, mais cela avait pris un temps fou. J'étais beaucoup trop fermée, trop apeurée pour leur faire confiance, le simple fait de leur parler me semblait un effort considérable. Ajouté à ça, le fait que leur sympathie me semblait fausse, et me mettait mal à l'aise. Très mal à l'aise, en fait, à tel point que j'ai plusieurs fois demandé à Natsuki pourquoi elle se montrait si gentille avec quelqu'un comme moi. Des gens de mon âge jusqu'à présent, je n'avais connu que des profonds indifférents au mieux, et des monstres hostiles au pire. Même ces trois là, je ne pouvais pas m'empêcher de croire qu'un jour, il se retourneraient contre moi. Ca m'était déjà arrivé, et j'avais très, très peur que ça recommence. La seule fois où j'ai considéré quelqu'un comme une amie, j'avais appris en fin d'année qu'elle faisait tourner des rumeurs sur moi, sur les réseaux sociaux. Quand je l'avais confrontée face à ce problème... Disons que nous n'étions plus "amies".

Pourtant, Natsuki m'avait donné une réponse inattendue à chaque fois.

La première fois, elle m'avait répondu "Ben, parce que t'as l'air toute triste, alors j'ai envie que tu souries quand tu viens jouer chez moi !"
La seconde fois, elle m'avait répondu "Ben, parce que t'es sympa !"
La troisième fois, elle m'avait répondu "Ben parce que t'es ma meilleure amie !"

C'est stupide, mais pour la première fois depuis longtemps, j'avais l'impression d'être acceptée. Natsuki se moquait de mon apparence, elle se moquait de mes excentricités. Elle se moquait du fait que je restais enfermée chez moi, elle se moquait du fait que j'avais arrêté les cours depuis presque deux mois. Elle se moquait du fait que je dormais dans l'équivalent d'un aquarium, et elle se moquait du fait que j'étais peu bavarde. Tout ce qui lui importait, c'était que je sois contente de la voir. Pendant un temps, j'ai cru à une machination de mon père. C'était lui qui l'avait briefé avant que je vienne chez elle, et il lui avait demandé d'être gentille. J'ai cru que mon père voulait presque la forcer à être mon amie.

Mais ce n'est pas quelque chose que mon père aurait fait. Au pire, il savait qu'elle s'entendrait bien avec moi, et c'est pour ça qu'il nous avait présentés.

Au fur et à mesure, j'ai commencé à m'ouvrir un peu à Natsuki. Au départ, j'étais froide, timide, je parlais peu. Mais à mesure que le temps passait, elle avait réussi à me mettre plus à l'aise, je me sentais bien, quand elle m'accueillait sur le pas de la porte, je n'avais plus peur de la prendre dans mes bras pour lui retourner l'étreinte qu'elle m'avait offert en vain pendant plusieurs semaines. C'est la première personne à qui j'avais parlé de ce qui m'était arrivé, après mes parents. C'était la première personne en qui j'avais développé un semblant de confiance, et on a finit par passer beaucoup de temps ensemble. En plus de cela, elle avait une piscine. Détails pour certains, mais dans ma condition, c'est une qualité non négligeable, héhé.

Takeshi m'avait permis de me rendre compte que je n'étais pas un cas social. Que je n'étais pas seule. Au départ, il ne me parlait pas beaucoup non plus, c'était celui avec lequel je m'entendais le moins bien. Pas qu'on ne s'aimait pas, mais lui comme moi, nous avions du mal à discuter. Je pense qu'on devait s'intimider mutuellement, probablement mon apparence, qui n'était -et n'est toujours pas- très charmeuse. Mais un jour, je suis arrivée avec mon père, et le minot n'était pas là. Enfin, je croyais qu'il ne l'était pas. Il traînait toujours dans le salon, regardant la télé tandis que mon père et le sien discutaient. Promptement, son paternel nous a dit qu'il était à la salle d'arcade, deux rues plus bas.

J'ignorais qu'il existait encore des salles d'arcade, à cette époque. Pour moi, il s'agissait de reliques d'un temps passé, un temps où j'aurais bien aimé vivre. C'était l'endroit que j'idéalisais le plus, à vrai dire. Certain rêvent de manoirs, de châteaux à l'européenne, moi, je voulais seulement une salle d'arcade chez moi quand je serai adulte. Je devais avoir des étoiles dans l’œil, parce que mon père m'avait donné une grande claque dans le dos, suivi de quelques centaines de yen, avec un grand sourire. Pour la première fois depuis longtemps, l'idée d'aller à l'extérieur me semblait agréable. J'ai filé comme le vent -enfin, à la vitesse maximum que je pouvais atteindre avec des petits poumons comme les miens- et je suis arrivé au fameux lieu. Et en entrant... Choc. Il y avait tellement de monde, c'était bruyant, grouillant de vie. Immédiatement, j'ai commencé à paniquer. C'était plus fort que moi, je sentais mes jambes flageller. Tant de monde ! J'avais l'impression d'avoir un poids sur les épaules, et d'avoir reçu un coup de poing au ventre, et de voir double, et que tous les regards étaient pointés sur moi, et que je perdais l'équilibre, et que j'hyper-ventilais, et que j'allais me mettre à pleurer. Mais j'ai senti une main sur mon épaule. Dans l'état dans lequel j'étais, ma réaction fut primale. J'ai sursauté, hurlé, me suis retournée et j'ai poussé celui qui m'avait fait ça. Sans broncher, Takeshi me demanda ce que je faisais là.

Rapidement, je l'ai pris à part à l'extérieur -je ne pouvais rester dedans, cela me donnait de furieuses crises d'angoisses et je ne pouvais pas m'empêcher de croire que les gens parlaient sur moi et me fixaient- et je lui ai expliqué la raison de ma venue. Il... S'est moqué de moi. En tout cas, c'est comme ça que je l'avais pris. J'ai baissé l’œil, regardant mes pieds, à la limite des larmes, rouge -autant que je pouvais l'être avec ma peau bleue- de honte. On penserait que je serais habituée à la moquerie, depuis, mais ça fait toujours aussi mal, plus même, surtout quand on rigole de vous en vous faisant face. Sauf que ce n'était pas plus une moquerie qu'un simple rire de bonne humeur. Il me mit à nouveau la main sur l'épaule, ce coup-ci avec un grand sourire, pas moqueur, juste... Un sourire, et il me dit de le suivre à l'intérieur.

Bien évidemment, j'ai refusé catégoriquement.

Mais il a insisté. "Si tu me dis que t'aimes les jeux vidéos, mais que tu refuses d'entrer dans une salle d'arcade, c'est que t'as un problème."

Je venais d'être violemment blessée. "C'est que t'as un problème". C'est moi le problème. Une remarque anodine pour n'importe qui. Mais pour moi, c'était pire qu'un coup de couteau. Une rappel des cinq dernières années, où j'ai bien souvent -tout le temps- pensé que ça devait être moi le problème, qu'il n'y avait pas d'autres raisons. C'est la raison même pour laquelle je m'enfermais dans ma chambre, pour laquelle je ne sortais pas de chez moi. Il venait de planter un couteau dans une plaie encore vive, et de le retourner lentement, chirurgicalement, en une seule phrase. Clairement, aujourd'hui je vois que la phrase n'était pas méchante, mais à l'époque, ça avait suffit à me faire perdre le contrôle, et je suis partie. Mais il courait plus vite que moi, et il m'a attrapé le bras, me forçant à me retourner. J'avais des flashbacks... Désagréables.

Sauf qu'au lieu d'en rajouter, il m'a simplement dit : "Je suis désolé, j'ai dis un truc qu'il fallait pas ?" avec un air presque apeuré. Evidemment, j'ai répondu que non, que c'était de ma faute, que je n'aurais pas dû réagir comme ça. C'est comme ça que la première "vraie" discussion entre lui et moi commença. Elle se termina abruptement lorsque mon père me dit que nous devions rentrer. Depuis ce jour là, nous n'avions plus autant peur de nous parler, et rapidement, il a finir par attendre avec impatience les jours où j'allais venir pour jouer avec lui à ses consoles. Il s'avère qu'à part à l'arcade, il n'avait pas vraiment beaucoup de connaissances qui s'intéressait autant au monde vidéo ludique que lui. On était tous les deux dans la même situation, en l’occurrence, et mes connaissances, ma passion envers les jeux retro de mon père n'avait d'égal que sa ferveur pour les jeux compétitifs en ligne.

Après plusieurs mois à jouer ensemble dans sa chambre, il avait même finit par réussir à me faire entrer dans la salle d'arcade.  C'est stupide, mais je lui avais dit que je ne supportais pas d'être entourée par trop de monde. Sa réponse ? "Ben concentre toi que sur moi, alors. T'inquiète, je te lâcherai pas. Fin, si tu te décide pas à te tirer en courant comme la dernière fois." Ca m'avait simplement fait rire, et j'avais pu découvrir les joies de l'arcade.

Mais c'est vraiment Satoshi qui m'avait fait découvrir le plus de choses.

Satoshi, à l'époque, c'était un loubard. Nos pères se connaissaient depuis leurs toute jeunesses, et Satoshi était un sale gosse. En tout cas, c'est l'attitude qu'il avait. Il portait un uniforme caricatural des délinquants, se battait constamment, avait des cheveux mi-longs, et lorsqu'il ne portait la fameuse veste, il était avec un blouson de cuir, un jean, et des bottes cloutées montant à mi-mollet. Inutile de dire que j'étais complètement horrifiée, la première fois que je l'ai vu. Surtout qu'il ne faisait rien pour se montrer agréable, lorsqu'il m'adressait la parole, il me traitait de face de poisson, il répondait mal à son père, et a failli manquer de respect au mien, un fois. Il sentait constamment la cigarette, et c'était rare de le voir sans. Et, oui, il n'avait que 14 ans à l'époque. Inutile de dire qu'il était l'antithèse complète de ce que je m'imaginais d'un type bien, encore plus loin de l'idée d'un ami.

Il s'avère que lui non plus. Mais pourtant, c'est arrivé. Comment ? Apparemment, et d'après mon père, il y a un code dans les groupes de délinquants. Comme une sorte d'ordre hiérarchique basée sur la force et le charisme. En quelque sorte, c'est la capacité d'un homme à être dominant tant physiquement qu'autoritairement. Enfin, d'un homme. Ca c'est déjà vu, une femme considérée de la sorte, mais c'est clairement plus rare. Enfin, je digresse. Mon père m'a donc expliqué pourquoi Satoshi sortait souvent, et ne respectait quasiment pas son père, père qui, pour seule réponse à cette affirmation, avait simplement poussé un long soupir. Satoshi, donc, faisait parti d'un de ces groupes, et était le plus jeune dans la bande. Mais, contrairement à ce que j'ai pu croire en entendant ça, il n'était pas dans bas dans la hiérarchie. C'est le père de Satoshi qui a pris le temps de m'expliquer la suite. Satoshi était un enfant plein de vie, mais qui n'avait pas beaucoup d'amis. Il possède un alter qui le rend assez fort s'il mange beaucoup de viande mais Satoshi n'était pas un violent, et n'aimait pas se battre, parce que son père lui avait inculqué des notions de pacifiste et de retenue : Se battre ne servait à rien de plus que créer des ennuis, il ne fallait jamais en arriver à la violence physique, il était beaucoup plus efficace d'utiliser les mots pour blesser.

Si vous avez suivi jusque là, vous savez le genre de résultat que ça peut avoir. Pour Satoshi, c'était moindre. Il n'avait rien subit d'aussi extrême que moi -dieu merci- mais il était quand même considéré comme un "type louche". Pourtant, avec un alter comme le sien, il avait de quoi traîner avec les types populaires, voire même être l'un des gosses les plus populaires, car Dieu sait que les enfants sont impressionnables, et aiment suivre comme des toutous les "mec balèzes" ou les "filles mignonnes", mais à la place, il restait dans son coin, lisait, ne parlait pas beaucoup, et le seul vrai ami qu'il avait eu, il avait déménagé. Il avait de bonnes notes, participait en classe. Bref, rien ne semblait le prédisposer à devenir un délinquant, sinon qu'il était seul.

Ce qui l'a poussé à passer du côté obscur de la société, c'était en fait un acte d’altruisme. Le groupe de délinquant dont il fait aujourd'hui parti, composé surtout de lycéens en manque de sensations et de jeunes adultes au chômage, en avait après le grand frère d'un de ses camarades de classe. En rentrant du collège, Satoshi était passé proche du passage a tabac en règle. Le garçon en question se faisait violemment enchaîner par trois types, plus grands et plus fort que lui. D'après le père de Satoshi, il n'avait encore aujourd'hui aucune idée de ce qui l'avait poussé à se jeter à la rescousse du jeune homme, il avait juste "fait ce qui devait être fait". Coup du sort, ou simple coïncidence, il avait mangé du boeuf à midi, et était son corps -son alter- l'avait assimilé. Il s'est jeté dans la bataille, et en a sorti deux sur les trois, assez rapidement. Mais lui aussi, il avait mangé. Sévèrement. Il tenait à peine debout, et le troisième gars, qui lui était encore en forme, l'a simplement regardé, a rigolé, et lui a dit qu'il en avait dans le ventre, et qu'il aimait ça. Le menaçant avec des représailles, l'homme lui a demandé de les rejoindre, et Satoshi n'était pas en état de dire non. Il avait 11 ans. Son interlocuteur, 16.

On accélère les choses, et on se retrouve avec Satoshi, 14 ans, qui a découvert que c'était beaucoup plus simple, plus rapide et plus efficace de faire manger ses dents aux médisants que d'essayer de leur parler. Dans le groupe où il était, son recruteur était considéré comme le "grand frère", un peu une sorte de boss mais de façon moins formelle. Et Satoshi était l'un de ses "petits frères" les plus proche. Toujours selon son père, Satoshi voyait en ce "grand frère" ce qu'il aurait aimé voir en son père, un homme fort, respecté, qui sait ce qu'il veut et qui sait comment l'obtenir, et surtout, qui l'enseigne. Comme un maître de dojo, le grand frère avait montré à Satoshi comment se battre, l'avait mis au sport, bref, était devenu un véritable mentor pour lui.

Satoshi était ce que j'aurais pu être, si je n'avais pas eu mon échappatoire, et que j'avais la chance -toute relative- de rencontrer quelqu'un comme son grand frère. En tout cas, c'est ce que je pense.

Quoiqu'il en soit, mon père avait repris la parole. Il m'avait sourit avec sa grande mâchoire de croco.

"Il est pas méchant. Il se donne un genre. J'irai jusqu'à dire que la majorité des types qui sont avec lui dans son groupe sont pas des mauvais bougre. Ils sont juste jeunes et cons. Quand il sera plus âgé, il se calmera. Pour l'instant, il a l'impression d'appartenir a quelque chose. D'être quelqu'un. Il a des gens qui le respectent, et il a quelqu'un qui lui apprend la vie à la dure. Mais plus tard, il se rendra compte qu'ultimement, c'est son père qui a raison. Je m'en suis bien rendu compte aussi."

Outre le fait que je venais d'apprendre que mon père était autrefois un loubard, j'ai pris une sacrée claque. Pour moi, Satoshi n'était qu'un garçon arrogant et irrespectueux. Et il l'était, il n'y a pas d'autre façon de le voir. En revanche, il semblait aussi qu'il n'était pas si différent de moi. Enfin, si. Très. Mais sur le moment, avec les explications de son père, j'avais l'impression qu'en fait, c'était juste un type bien qui avait pas eu de chance.

Non parce que, bien qu'il aie "un bon fond" selon mon père et le sien, il en reste un délinquant, violent, irrespectueux et fier de l'être. Peu importe son fond, sa façon de se comporter et, tout simplement le fait qu'il me traite continuellement de face de poisson, ça... Disons que ça ne m'aidait pas à le voir, le bon fond.

En fait, je ne le voyais tellement pas qu'une fois, il m'a clairement fait comprendre que je n'étais pas la bienvenue chez lui. Il me voyait comme une intruse. Et personnellement, tout ce que je faisais quand mon père m’amenait chez lui, c'était de rester assise à la table de mon paternel et du sien, pendant que lui sortait ou bien restait enfermé dans sa chambre. Il ne m'adressait la parole que de façon passagère, comme une violente claque suivie d'une porte fermée en trombe. Je l'avais très mal pris. En temps normal, j'aurais cherché à me faire le plus petite possible après un commentaire de la sorte. Me faire oublier, dans l'espoir qu'il n'en rajoute pas une couche. Mais ce coup-ci, probablement parce qu'avec toutes les explications que j'avais reçu les jours précédents, je savais -ou en tout cas, croyais savoir- qu'il n'en pensait rien, je me suis levée et lui ai simplement dit :

"Tu ne m'as jamais parlé autrement que pour m'insulter, comment est-ce que tu peux me considérer comme un parasite, alors que tu restes enfermé dans ta chambre et que je ne t'adresse même pas la parole ?!"

Sa réaction ? Il est devenu rouge de colère, a attrapé sa veste, et il est sorti. Je ne comprenais pas moi-même ce qui venait de se passer, j'étais statique, comme bloquée. Il est revenu une trentaine de minute plus tard, avec un oeil au beurre noir et du la lèvre supérieure gonflée. Ca ne le rendait pas plus amical. Pourtant il est venu me voir, et m'a fait une courbette a 90°, en s'excusant. Plus tard dans l'après-midi, il est allé se servir un verre de soda, et m'en a proposé. En résumé, je ne savais pas pourquoi, mais il se montrait beaucoup plus aimable.

Et depuis ce jour là... Il est devenu beaucoup plus bavard. Avec moi, en tout cas. Son père... Disons qu'il était toujours traité avec autant de dédain. Mais moi ? Holà, j'étais devenue sa meilleure amie. C'était bizarre, au début, je ne savais pas quoi en penser, je croyais qu'il se moquait de moi, ou quelque chose du genre. Mais j'ai fini par passer outre ça -autant que je pouvais, avec ma paranoïa- et accepter que Satoshi souhaitait simplement paraître plus gentil. Il me posait des questions sur moi, ce qui me rendait quelques peu mal à l'aise, et quand il s'en rendait compte, il enchaînait directement sur quelque chose sur lui, comme s'il était aussi mal à l'aise que moi. Au départ, c'était pas grand chose, il essayait de se mettre en valeur, enfin, autant que se vanter d'avoir fracassé quelqu'un pouvait le mettre en valeur. Inutile de dire que ces "discussions" étaient complètement unilatérales, la seule chose qui paraissait de mon côté n'était qu'un visage impassible, les yeux dans le vagues, hochant la tête de temps en temps, par politesse.

Mais ça n'a pas duré longtemps. Un jour, je lui ai demandé ce qu'il gagnait à faire tout ça, à être parmi un groupe de type qui font parti des personnes ayant la pire réputation du Japon.

"J'me moque de la réputation, et j'm'en contre balance de savoir ce que la société pense de nous. Ils nous voient comme des délinquants s'ils veulent, mais nous, on sait qu'on est plus que ça. On est comme des frères, on est soudés comme les doigts de la main, et faut pas croire qu'on fait que des conneries non plus."

Ca m'avait surpris, surtout la dernière partie de la phrase.

"Comment ça, vous ne faîtes pas que des conneries...?
-Ecoute Sayori. On se comporte comme des durs, et on se bat comme des durs, et c'est l'image que les gens ont de nous. Mais être un dur, c'est pas forcément être un méchant. Pourquoi tu crois qu'aucun héros n'est encore venu nous foutre en taule ? On a un code de conduite aussi. Faut pas croire, le Grand Frère nous laisse pas zoner sans rien faire. On est clairement pas des Yakuza en terme d'influence, on se rapproche plus du gang de biker, mais on est clairement pas des sous-merde, et le boss veut qu'on évite de ternir notre réputation plus qu'elle ne l'est déjà.
-Et... Donc... Vous faîtes quoi, alors, si vous.. Evitez de "ternir votre réputation" ?
-On fait ce que le boss nous dit. Quand on casse la gueule a quelqu'un, en général il le méritait. On a tous un truc en commun, on déteste les brutes. On a tous un passif avec eux, dans le groupe. Et quand je dis brute, j'entend les persécuteurs. Ces fils de putes qui se croient au dessus des autres et qui les foutent plus bas que terre juste parce qu'ils sont plus fort, ou plus populaires. Le grand frère s'est donné comme mission de tous leur briser les genoux. J'imagine que mon père t'as raconté comment je suis rentré dans le groupe ? Ben le type qu'ils étaient venu tabasser et que j'ai défendu, le frère de mon pote. S'avère que l'argent qu'il leur devait, c'était parce que le type en question était un véritable fils de pute au lycée, et que mon groupe lui avait fait passé l'envie de taper les autres en lui faisant goûter à sa propre médecine, et qu'après ça, pour bien retourner le couteau dans la plaie, mon gang lui extorquait de l'argent. Rien d'extraordinaire, c'était un gosse de riche, mais à un moment, ses parents ont commencé à refuser de lui donner de l'argent de poche, parce qu'il en demandait trop. Et tu connais la suite.
-Et ça, ça ne ternit pas votre image... ?
-Nan. Si lui nous aime pas, j'peux te garantir que ceux qu'il emmerdait, eux, ben il nous aiment bien. D'ailleurs, si tu connais des connards dans le genre..."

J'étais partagée à l'idée de hocher vigoureusement la tête ou de ne rien dire, mais c'est le dernier choix qui s'est imposé.

"Je... Vois."

Plus nous discutions et plus je me disais qu'il avait eu de la chance de tomber sur cette bande de délinquants. Quand il m'en parlait, il me les présentait comme une famille de substitution, en plus violente et avec moins de règles. Il me racontait des anecdotes avec certains de ses amis du groupe, de comment une fois, il avait tabassé un mec qui venait de tirer le sac à main d'une femme, de comment le grand frère lui avait fait découvrir plusieurs passions, comme certains styles de musique, ou la moto.

Plus il m'en parlait, plus je devenais curieuse. Plus j'en apprenais, et plus je me disais qu'en fait, il avait fait le bon choix de les rejoindre, plutôt que de rester dans son coin à l'école, seul. Bien sûr, je n'étais pas idiote, je savais que c'était une image hautement idéalisée qu'il me vendait, mais je ne sais pas pourquoi, je voulais y croire. Je me disais probablement que si j'avais eu la chance de rencontrer des gens comme eux, j'aurais évité une bonne partie de ce qui m'est arrivé. Ils m'auraient protégée. Ils m'auraient défendus. J'aurais peut-être encore mes deux yeux.

Après plusieurs jours à discuter comme ça, j'avais fini par être plus à l'aise avec lui. J'en savais beaucoup plus sur lui, et petit à petit je commençais à comprendre d'où le "bon fond" pouvait venir. Je n'étais pas ouverte comme avec Natsuki, clairement, et je n'étais pas aussi copain-copine qu'avec Yamamoto, mais j'avais l'impression d'avoir un grizzli apprivoisé à côté de moi. Un type qui, je le savais, pouvait me réduire en lambeaux de chair en l'espace d'un instant, mais qui se montrait extrêmement gentil, comme une grosse peluche. Ca avait dissipé la peur que j'avais de lui au départ, et calmé ma paranoïa face à sa façon de jouer les gros dur -c'était un très bon acteur, en plus-. Et puis un jour, une semaine plus tard, il m'avait proposé de venir avec lui pour rencontrer son gang. J'avais accepté, un peu appréhensive, mais excitée quand même.

C'était différent de ce que j'imaginais. Autant, l'odeur de cigarette qui imbibait les vêtements de Satoshi, j'avais appris à supporter, autant j'avais l'impression de développer un cancer du poumons a coup de tabagisme passif, et je venais seulement de passer la porte. Et à nouveau, je me sentais toute petite. Outre le fait que tous les types présents étaient des adolescents bientôt adultes, ils avaient tous des regards durs et portaient des vestes de motard similaires à la veste en cuir de Satoshi. Quand il est entré, ils l'ont salué d'un mouvement de tête, tandis que j'avais l'impression d'être la cible de tous les regards. C'était une mauvaise idée, que je me répétais. C'était une très mauvaise idée, le coup de l'Arcade avec Yamamoto aurait du me servir de mise en garde, venir ici était une très mauvaise idée, ce n'était pas mon monde, je n'avais rien à y faire, tous ces gens me regardaient, ils me jugeaient, ils parlaient sur moi, Satoshi m'avait ramenée ici, qu'est-ce qu'ils peuvent s'imaginer ? Ils murmuraient, j'entendais les murmures, j'entendais leurs voix, je savais qu'elles se moquaient de moi, je le sentais, je n'aurais jamais dû venir, je dois partir, je dois fuir, ils vont se jeter sur moi, il f-

"Ah, alors c'est elle, hein ? Salut, moi c'est Atsuhiko, mais les lourdeaux qui traînent avec moi m'appellent "le grand frère" ! J'suis désolé que Satoshi s'soit comporté comme un malpropre avec toi."

Un grand type, cheveux décolorés, visage plus anguleux qu'une équerre, avec... Un oeil derrière un bandeau ? Huh. Il avait un prestance incroyable, il illuminait toute la pièce, et il m'avait tirée de mes pensées plus rapidement que je ne l'aurais cru. J'avais la bouche entrouverte, incapable de dire quoi que ce soit.

"Sayori, Astuhiko. Atsuhiko, Sayori."

Tandis que


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