Course contre le soleil [PV: Mahô Shindo]

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Izuku Midoriya
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Izuku Midoriya
Ven 26 Aoû - 0:25
Manger une glace en été est un véritable plaisir. Mais le faire en regardant un super- héros combattre un vilain est incomparable. Ça n'a rien à voir avec ce qu'on peut voir à la télé, c'est d'un tout autre niveau. Cette scène me rappelle les circonstances de notre rencontre avec All Might, je n'oublierai jamais cette journée. C'est donc avec excitation que je fixe le combat des yeux avec beaucoup d'autres passants, bien que je ne le montre pas du tout. Je me contente de sucer mon sorbet d'un air concentré. Soudain, le vilain grossit à n'en plus finir, le héros ne sait plus quoi faire. Les spectateurs se mettent à reculer malgré l'éloignement relative de l'ennemi. Ce dernier lève sa jambe et saute dans notre direction, son atterrissage démolit une partie d'un immeuble et quelques voitures. Lorsqu'il se prépare à sauter à nouveau,  le héros n'hésite plus à lui rentrer dedans de toutes ses forces, donnant l'impression d'une sauterelle essayant de transpercer le ventre d'une peluche avec le sommet de son crâne.

Le vilain explose alors en plusieurs dizaines de morceaux qui s'éparpillent un peu partout. De manière instinctive, je compte le nombre de morceaux qui s'illuminent et partent dans toutes les directions: 88. 15 se dirigent dans ma zone, j'active mon alter pour plonger vers l'un des morceaux qui se dirige vers un civil et l'intercepter en plein vol. J'atterris contre un mur sur lequel je prends appuie pour revenir à la charge et en attraper un autre. Je recommence ainsi les sauts ininterrompus jusqu'à en avoir 11, le reste s'étant écrasé sans dommage humaine. C'est fait, tout le monde va bien... Mais que faire à présent? Les autres morceaux se sont écrasés quelque part, qui sait ce qui pourrait arriver avec des choses pareilles dans la nature. Le héros arrive à mon niveau pour reprendre ce que je tiens dans les bras, avant d'aller ramasser les autres. Il marmonne quelque chose que j'entends malgré tout: s'il ne ramasse pas les morceaux avant qu'ils soient chargés en énergie solaire, ils vont exploser. Il s'en va sans demander son reste accomplir son travail.

"Je... Je dois définitivement l'aider!"

Dis- je à haute voix sans m'en rendre compte, pour me donner du courage.
Izuku Midoriya
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Ven 26 Aoû - 1:03
L’été était plus chaud qu’elle ne l’avait prévu, cette année. Pas que Mahô n’appréciait pas la douce caresse des rayons solaires. Mais là ce n’était pas une caresse, c’était une attaque personnelle, un assassinat un meurtre ! Elle allait crever.

La jeune fille poussa un soupir désabusé, même affalée contre la fontaine de la place, elle peinait à trouver une place qui ne lui donne pas l’impression de cuire. Pourquoi avaient-ils fallu que ses amies lui donnent rendez-vous ici ? Pourquoi pas dans un parc aquatique plutôt hein ? Et en plus ses copines étaient en retard.

Un bzz dans sa poche l’obligea à bouger -et chaque mouvement était l’effort de trop sous cette canicule. Elle le sortit avec une langueur exagérée, prête à transmettre son indolence, son attitude exagérément dramatique par écrit. Avec beaucoup, beaucoup d’émoticônes. Sauf que les sms de ses amies ne le lui permirent pas :

« Une attaque de vilain au centre-ville, pas loin du point de rendez-vous. Désolée Mahô je dois annuler ! >o<° »
« Oui j’y suis, c’est super impressionnant, c’est… »


Maho soupira.

C’était un complot. Même les vilains s’y mettaient maintenant.

Bon puisque c’était annulé, elle allait rentrer, se manger le plus gros sorbet vanille-chocolat que la terre ait vu et jouer toute la journée devant un jeu vidéo avec le ventilo à côté. Elle le méritait après avoir poireauté sous le soleil, sans chapeau. Mahô se levait, fière de son programme quand elle perçut le fracas d’une explosion pas loin. Probablement le bloc juste adjacent.

« Attention ! » Hurla un passant. Elle tourna la tête dans la direction du cri.

Ce n’est seulement qu’après l’avoir fait qu’elle se fait la réflexion que ce n’était probablement pas la réaction la plus intelligente qui soit.

Et la loi de murphy lui confirma, effectivement, que, c’était une très mauvaise idée. En lui envoyant une masse visqueuse en plein dans la tronche. Le choc la fit reculer et basculer par-dessus la rambarde de la fontaine. Les fesses les premières.

Ni une ni deux, Mahô se retrouva, choquée, trempée, et poisseuse parce qu’une masse noire et dégueulasse lui avait explosé à la figure. Ses affaires : un collier Peace-and-love, se mit à trépigner sous l’humeur de sa porteuse.

BERK. BERK. BERK.

« Manquerait plus que cette chose soit dangereuse, maugréa-t-elle, en avisant l’espèce de liquide visqueux qui flottaient à présent un peu partout dans l’eau. Et recouvrait une bonne partie de ses cheveux et de ses vêtements. »

Elle jeta un regard circulaire à la place, à la recherche d’un signe, un indice qui lui expliquerait ce que c’était que cette chose et quelle menace elle représentait. Mais apparemment, elle avait été la seule assez bête pour ne pas se mettre à couvert et se manger ce bidule gluant. Plusieurs d’entre eux avaient éclatés contre les poteaux et des véhicules, mais pas une seule victime. Elle avisa la fontaine où elle pataugeait, les blobs barbottant pour voisins. Elle qui avait souhaité passer l’été dans un parc aquatique, la voilà servie.

C’était bien sa veine.

« Je crois qu’on peut dire que je suis dans les ennuis jusqu’au cou cette fois. »

Trait d’esprit nerveux, elle maudit sa maudite langue tandis qu’elle réalisait que ce nouveau problème allait certainement lui manger sa journée.
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Izuku Midoriya
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Izuku Midoriya
Ven 26 Aoû - 12:04
Les 88 morceaux ne sont pas les seuls choses dont il faut se préoccuper, mais aussi les projectiles gluants qui frappent un peu partout. Ceux- là ne semblent pas dangereux à première vu, je préfère toutefois m'en assurer en en ramassant un pour l'examiner e plus près. On irait de la gelée... Je me demande quelles sont ses propriétés... Peut- être est- ce aussi intéressant que la sueur de Bakugou... Je secoue rapidement la tête pour m'enlever cette idée de la tête, c'est pas vraiment le moment de penser à ça. Je fonce à travers la ville pour retrouver les morceaux restant et les conserver dans mon sac à dos, avant qu'il n'arrive ce que le héros à dit. Je suis presque certain qu'il marmonnait quelque chose à propos d'une explosion qui pourrait avoir lieu si on attend trop longtemps. Les nettoyeurs ne tardent pas à arriver à un peu partout au centre ville pour récupérer les projections gluantes, interdisant aux civils de s'en approcher.

Après avoir ramassé tous les morceaux au sol se trouvant sur la route que j'ai tracé dans mon esprit, je lève les yeux vers un bâtiment dont l'une de mes cibles est encastrée à la façade. C'est pas très haut, à peine dix mètres, je n'ai qu'à activer mon pouvoir pour m'en saisir. Je bondis donc avec All for one traversant mon corps entier, et tends la main pour saisir la chose. Malheureusement, elle est plus encastrée que ce que je croyais, je retombe bien vite les mains vides. La surprise me déséquilibre et me fais atterrir sur le toit d'une voiture, me réceptionnant douloureusement sur le dos. Les gens qui me voient faire se demande si je suis un héros, ne me reconnaissant pas. Sans leur donner satisfaction, je décide de réfléchir un moment au moyen de l'avoir. Puis une idée me vient assez rapidement, bien qu'assez dangereuse si je me rate. Je me frappe les joues pour me donner du courage.

"C'est pas le moment d'hésiter, il y a encore beaucoup à faire!"

Je réactive All for one pour bondir à nouveau, en y mettant cette fois toutes mes forces de 5% offerte. Pour m'emparer du morceau, je vais devoir utiliser la force que m'offre mon pouvoir et la vitesse de propulsion. C'est ce que je fais, rasant la façade du bâtiment dans une trajectoire courbe dont ma cible fait partie. Une fois au niveau de celle- ci, je la saisis et l'arrache d'un coup en continuant mon chemin toujours plus haut. Maintenant, la partie la plus dure commence: atterrir en douceur. Heureusement, je repère bien vite la fontaine sur laquelle se base toute mon idée, elle n'a pas beaucoup d'eau, mais c'est bien assez. Je soupire de soulagement en voyant que j'ai bien calculé ma trajectoire.

"Attendez... Il y a une fille dans la fontaine!"

Je bats des bras désespéramment pour ralentir ma chute inutilement.

"Poussez- vous!!! VIIIIIIIIIIIITE!"

Soit elle bouge, soit je lui tombe dessus de tout mon poids et ma vitesse de chute...
Izuku Midoriya
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Ven 26 Aoû - 14:15
La Police est assez rapidement sur les lieux, les civils à sortir de leurs cachettes. Le danger doit être passé, et il ne reste plus qu’à nettoyer derrière le héros. Mahô auait aimé ne pas faire partie du dit-nettoyage.

« Surtout ne bougez pas mademoiselle, pas de mouvement brusque, vous n’avez rien à craindre, mais restez où vous êtes ! Mes collègues vont venir avec l'équipe de déminage !»

Le policier lui cria des instructions de routine, à au moins dix mètres. Et sincèrement, il faisait un piètre psy.

« Très rassurant, merci. Je n'ai plus peur du tout de ces trucs maintenant., marmonna Mahô, occupée à retirer toute cette gelée de ses cheveux. »

Au moins, maintenant, elle était au frais. Il fallait voir le bon côté des choses. Et autant s’y habituer parce que, pour avoir grandi ici, elle savait qu’un nettoyage pouvait durer des heures. Pour s’occuper, la lycéenne essaya de se concentrer sur le paysage -sur les choses barbotant avec elle. Elle le tapota du bout du doigt, essayant de savoir si elle pouvait ou pas les ensorceler. Elle chercha un ordre inoffensif et précis à leur donner. Impossible de lui demander de changer de forme ou de couleur (cela dépassait ses compétences) en revanche…

« Chante la danse des canards.»

Mais la mixture se contenta de tressaillir et de continuer de glouglouter en silence. Bon. Tant pis. Au moins ce truc ne semblait pas dangereux, même si le policier préférait jouer la sécurité. Honnêtement elle était déjà heureuse de s'être pris un blop sur la tête plutôt qu'un bloc de ciment. Au moins comme ça, elle était toujours en vie pour rigoler de son manque de réflexe.

« Tu avais chaud et tu voulais juste prendre un bon bain, je te comprends, moi aussi. Même si j’aurais préféré le faire à la maison, lui souffla-t-elle. »

Toujours pas de réaction : ce truc manquait d’humour. Ses bracelets, eux, se mirent à cliqueter entre eux, réagissant à son humeur moqueuse.

Dans le centre-ville, il commençait à y avoir du grabuge : un héros venait en aide à la police apparemment. Il essayait de sauter pour récupérer un blob plus gros que les autres. Celui-ci avait décidé de s’encastrer profondément à 10 m au-dessus du sol. La tignasse verte du garçon lui rappela quelque chose, sans trop savoir quoi exactement. Peut-être qu’elle avait déjà vu ce héros là à la télé. Ou au commissariat à l’époque où elle y passait du temps à attendre son père. Mais Mahô fut incapable de mettre le doigt sur un nom. Toute façon ce n’était pas ses oignons.

Du moins ça ne l’était pas jusqu’à ce que le dit-héros ne décide de piquer une tête dans sa fontaine lui aussi.

"Poussez- vous!!! VIIIIIIIIIIIITE!"

Oh-oh. Cette fois hors de question de se refaire avoir, Mahô fit un plongeon sur le côté pour éviter le choc. Le garçon dût atterrir non loin avec pertes et fracas, car elle se prit tout de même une belle vague dans la figure. Un vrai tsunami à l’échelle de la fontaine.

« Fallait me dire que c’était devenu une piscine cette fontaine, j’aurais apporté mon maillot de bain. »

La remarque lui échappa, tandis qu’elle se relevait et se dirigeait vers son nouveau compagnon d’infortune. Lui aussi devait être trempé à présent.

« Beau plongeon. J’espère que ça valait le coup parce que… »

Le policier qui lui avait ordonné de ne pas faire de mouvement brusque et de rester bien en place dans la fontaine se précipita vers eux, se fichant éperdument du périmètre de sécurité.

« Mademoiselle ! Monsieur ! Ne bougez pas nous ne savons pas si ces choses avec vous sont… »

Cela donna à Mahô une envie de lui hurler « BOOM » juste pour voir sa tête. Et apparemment c’est ce qu’elle fit parce que le jeune flic recula d’un bond en piaillant, mains devant lui pour se protéger -vainement- de l’explosion fictive. Une fois la trouille passée, le policier lui jeta un regard noir …Mahô maudit sa foutue habitude.

« Désolée, trop tentant. »

Puis comme il continuait de lui envoyer un regard noir, elle baissa les yeux, honteuse. Retournant sur le « héros du dimanche » qui partageait à présent sa fontaine. Définitivement : cette tignasse verte et ces bouclettes lui rappelaient quelque chose. Mais ce ne fut que lorsqu’elle vit ses tâches de rousseurs que ça lui revint.

« Ah mais tu es un élève de Yuuei, non ? Tu t’es bien placé aux examens télévisés. »

Donc ce n’était pas un héros professionnel. Donc il avait fait étalage de ses pouvoirs en public avant d’être diplômé. Mahô ne put s’empêcher de soupirer et de lui envoyer un regard blasé :

« Toi, tu es dedans jusqu’au cou aussi. »
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Izuku Midoriya
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Izuku Midoriya
Ven 26 Aoû - 15:10
Elle a bougé, quel soulagement! Qui retombe brutalement au contact tout aussi brutal de l'eau. Mon front frappe le fond de la cuvette et me condamne à une perte fugace de conscience, malgré l’amortissement relative de l'eau. Si ce n'est l'idée de m'endormir avant d'avoir fini mon travail, je me serais sûrement laissé emporter dans les limbes de mon esprit. Je me relève donc d'un coup en soulevant beaucoup d'eau, surtout à cause de mes cheveux qui absorbent beaucoup d'eau, puis regarde autour de moi pour voir si la fille va bien. Je ressens la douleur de la bosse au milieu du front, assez peu agréable. Mes yeux s'arrêtent sur une situation encore plus désagréables: la fille qui pataugeait dans l'eau s'est approchée, et des policiers nous lancent des regards hostiles. Pas étonnant que j'affiche un air mi- troublé mi- inquiet, reculant pour m'éloigner du point central du trouble: la fille.

Cette dernière me reconnaît devant tout le monde, son regard augmente mon anxiété. Pourquoi elle se baigne dans une fontaine!? C'est sûrement une fille à problème, une sorte de délinquante avec une bande de filles armées jusqu'aux dents qui ont l'habitude de s'opposer aux forces de l'ordre... Qu'est- ce que je dois faire? Le fait qu'elle me reconnaisse est encore plus problématique, dans le sens où je devrais pas me mêler des affaires de héros sans leur consentement. Je vais salir la réputation de mon école sans une licence adéquate. Son soupire ne laisse aucun doute: elle sait. Oui je suis dedans jusqu'au cou, mais qu'est- ce que j'aurais pu faire?

"Je suis désolé... Je ne voulais pas gêner la police, mais... On manque de temps et..."

Explosion. Cris. Panique. C'est ce qui s'enchaîne à une vitesse fulgurante, un peu plus loin. Mon visage se ferme subitement, alors que je bondis hors de l'eau et cours dans la direction de l'explosion. Une fumée de poussière s'élève entre deux bâtiments. Une femme est au sol, l'explosion a propulsé une voiture sur elle, mais elle a réussi à réduire considérablement les dégâts en se recroquevillant sur elle- même au pied d'un mur. De fait, la voiture est calée entre le sol et le mur, la femme est coincée et ne peut plus bouger. Je m'arrête devant la voiture et m'apprête à la soulever... Une tonne, c'est beaucoup trop pour un simple cinq pour cent. Il faut que je concentre le All for one dans mes bras, mais je vais les briser... Que faire pour déplacer le véhicule autrement? Rien. Je dois juste le faire, peu importe les conséquences pour moi.

"ça va aller madame! Je vais vous sortir de là, je vous le promets!
- Aidez- moi s'il vous plaît! Ma fille n'a plus que moi! Je vous en prie!"

Je baisse légèrement la tête, cette femme ne pense qu'au bien de sa fille même dans cette situation... Son courage inspire le mien. Je vais devoir me briser les bras pour la sauver, c'est la meilleure chose à faire. Attendre les secours seraient suicidaire, la voiture commence à prendre feu. La douleur ou la mort, je ne compte fuir ni l'un ni l'autre.
Izuku Midoriya
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Ven 26 Aoû - 16:27
L’apprenti héros avait une belle bosse en plein milieu du front et un air hagard. Toute personne censée, à sa place, se serait rendu à l’hôpital pour faire un scanner. Mais bien entendu pas les élèves de Yuuei : oh non, ils ont une réputation de héros à tenir. Cette attitude agaça Mahô plus que de raison. D’autant plus que l’adolescent la fixe avec un drôle de regard. Comme terrifié.

Elle puait ou quoi ?

Après avoir sniffé le col de son débardeur elle dû concevoir que c’était possible, en effet. Mais ce n’était pas vraiment sa faute : elle s’était tout de même pris un blob sur la tronche ! Et ce n’était pas très polie de la dévisager comme ça, comme si, comme si…Comme si elle était une vilaine !

"Je suis désolé... Je ne voulais pas gêner la police, mais... On manque de temps et..."

Bafouilla le garçon, visiblement mis mal à l’aise par sa remarque. Mahô croisa les bras, peu dupe. Bien entendu qu’il ne voulait pas gêner la Police : personne ne voulait gêner la police ! …Puis après coup ; et revoyant le regard noir du policier après sa mauvaise blague, elle se pinça les lèvres. Oui. Bon.

« Enfin, de toute façon c’est trop tard maintenant, on y est. »

Elle haussa des épaules et se rassit dans la fontaine, au milieu des blobs, en attendant l’équipe de déminage. Mais ceux-ci eurent bientôt trop de travail pour s’occuper d’eux. Une autre explosion retentit non loin. Le bruit lui arracha un couinement, et elle se cacha les oreilles, vainement. Le souffle chaud de l’onde fit passer la canicule actuelle pour une blague. Le temps de rouvrir les yeux, la fumée avait presque tout envahi. Les policiers couraient partout, même celui qu’elle avait vexé.

Et entre deux bâtiments, il y avait une femme recroquevillée sur elle-même, piégée sous une voiture. C’était un vrai miracle qu’elle n’ait pas été réduite en miettes. Mahô eut à peine le temps de saisir l’urgence de la situation, un relent de terreur lui remontant dans la gorge, que l’apprenti héros s’élançât.

« On n’a pas le droit de quitter la fontaine ! » Lui hurla-t-elle, mais il ne dut pas l’entendre, ou alors ne pas s’en soucier.

Comme tout le monde à présent. Mahô avait beau jeter des regards circulaires autour d’eux, tout n’était que panique, feu et sang. Les civils fuyaient en masse et les Policiers étaient trop occupés à les évacuer, à contenir la foule, pour s’occuper des blessés. Ou des gens comme elle.
L’adolescente ne savait pas comment tous ces civils trouvaient la force de courir : ses jambes à elle étaient toutes molles, tremblantes. Son cerveau était trop occupé à lui reprocher le pétrin dans lequel elle s’était fourrée pour lui ordonner de fuir. Et comme d’habitude les reproches -même les siens- lui donnaient juste envie de se rouler en boule dans un coin et d’attendre que ça passe. Ah-ah. Voilà encore une parfaite raison pour laquelle elle n’était pas entrée à Yuuei. Elle était lâche et peureuse apparemment. Remarque c’était mieux de s’en rendre compte maintenant que pendant le fameux examen de l’école des héros !

Elle déglutit, essayant de faire passer le goût amer de la bile. Son collier se tordait dans tous les sens, à l'image de son estomac, et les bracelets à son bras claquaient autant que ses genoux. Pendant ce temps-là, l’apprenti héros, lui, faisait honneur à la réputation de Yuuei et essayait d’aider la pauvre femme piégée. La victime pleurait, aussi effrayée que Mahô, probablement même plus : elle, elle était vraiment en danger de mort.

Pas Mahô, qui était juste tétanisée par la peur.
"ça va aller madame! Je vais vous sortir de là, je vous le promets!
- Aidez- moi s'il vous plaît! Ma fille n'a plus que moi! Je vous en prie!"

Ce cri désespéré lui arracha une grimace, et la fit tressaillir. Un part de son esprit marchait à toute allure : Bonne attitude, mettre un nom sur sa personne, une identité, ne pas être juste une victime mais une humaine avec une histoire, une famille. Cette femme savait instinctivement ce qu’il fallait faire pour attirer la sympathie, les secours, mettre les chances de son côté. Bizarrement, réfléchir l’aida se calmer. Compartimenter. Elle, Mahô, allait bien. C’était la femme là-bas qui souffrait et avait besoin d’aide.

Les frissons s’apaisèrent. Un peu. Pas beaucoup. Ses accessoires de mode continuaient à trembloter, et à claquer au rythme effréné de ses battements de coeur, donc la peur était toujours là. Juste mise en sourdine. Momentanément. Un peu. Peut-être ?

Mais cela ne l’aida pas pour autant. L’apprenti héros semblait indécis, contemplant la voiture avec une expression déchirée. Est-ce qu’il pouvait seulement l’aider ? Mahô ne se rappelait pas bien de son Alter, juste de son classement.

Je peux peut-être l’aider, se dit-elle. Cherchant des yeux un objet à ensorceler, un ordre à donner. Mais elle ne trouva rien. Son Sac était là, mais il était déjà soumis à un sort : il lui faudrait des heures pour l’effacer et le remplacer. La femme n’avait pas des heures, écrasée sous cette voiture. Qui sait de quels dommages internes elle souffrait déjà.

La voiture.

Le cœur de Mahô rata un battement.

Elle n’avait plus ensorcelé de voiture depuis…depuis deux ans. Depuis la mort de son père.

La victime poussa un cri de douleur. Le feu et la chaleur faisaient éclaté le verre du parebrise. Il fallait agir vite.

Mahô se tourna instinctivement vers les Policiers, mais le seul qu’elle vit -celui avec qui elle avait fait une blague, aidait une vieille dame à se relever -celle-ci avait visiblement été piétiné. Il ne lui prêta aucune attention.

Il ne lui prêtait tous aucune attention. Personne ne saurait.


Elle inspira profondément, et quand elle reprit son souffle, elle savait ce qu’elle devait faire. En trois pas elle rejoignit l’apprenti héros et lui envoya un sourire qu’elle aurait souhaité assuré : il ne l’était probablement pas.

« Je…j’ai peut-être une solution… »

Elle se pencha vers la jeune femme, et ses larmes lui firent mal au cœur. Lui rappela des souvenirs qu’elle préférait ignorer la plupart du temps. Qu’est-ce qu’elle pouvait lui dire au juste pour la consoler, la rassurer ? Elle avait une voiture sur le dos !

« Je sais qu’on dit que les femmes ça ne savent pas se garer, mais là, je dois avouer madame, que vous faites fort ! »

Elle hurla intérieurement devant l’air effaré de la piégée. Mon dieu pourquoi devait-elle dire toujours des mauvaises blagues, même en situation critique ? Peu importe. Plus tard elle s’excuserait pour son atroce sens de l’humour.

Mahô posa ses doigts sur la carrosserie de la voiture accidentée. Il était brûlant, mais elle le sentit à peine, le cerveau marchant à cent à l’heure. Quel sort pouvait-elle lui donner ? Elle ne pouvait pas modifier sa structure, ni se permettre d’être imprécise. Pas d’erreur possible quand il y avait un être vivant et fragile sous ses pneus. Elle-même tremblait comme une feuille.

…Un sort. Un sort. Allez cerveau. Pas le moment de paniquer. Tu es capable de sortir une blague horrible, alors tu peux sortir un sort bidon.
Puis ce fut l’illumination.

« La gravité n’a plus de prise sur toi, tu es libre. »

Cette idée devait plaire à l’objet, car elle s’ébranla presque aussitôt sous ses doigts. Et doucement, précautionneusement, elle commença à s’élever dans les airs. Répandant un peu de liquide de frein, perdant quelques pièces au passage, mais montant de plus en plus haut. La victime fut bientôt totalement ôté du poids du véhicule : mais cela n’empêcha pas l’engin de continuer son ascension.

Mahô fixa ce qu’elle avait fait avec une pointe de frayeur.

Elle n’avait pas pensé à ce que deviendrait la voiture après. Normalement ses sorts duraient, jusqu’à l’accomplissement de leur tâche. La vague image d’une voiture mise en orbite par ses soins lui arracha une grimace : mais c’était toujours mieux que de la voir retomber au hasard sur quelqu’un. Et de toute façon, c’était trop tard.

Elle se tourna vers la victime et l’apprenti héros, incertaine de ce qu’elle ressentait en cet instant.
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Izuku Midoriya
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Izuku Midoriya
Ven 26 Aoû - 21:28
Une voix familière me fait tourner la tête.

"Toi? La délinq... La fille de la fontaine?"

Je ne cache pas ma surprise. Comment elle pourrait aider dans un cas pareil? Quelle est sa solution? De la surprise, je passe à la curiosité, car malgré quelques hésitations dans son regard, elle dégage une assurance assez surprenante. Son aura change totalement, qu'est- ce qu'elle prépare? J'ai un sourire gêné fasse à la blague qu'elle sort à propos des femmes au volant, à un moment pareil...

"S'il vous plaît, si vous avez vraiment une solution, pouvez- vous l'utiliser rapidement?"

C'est ma manière de la presser, tout en essayant d'effacer cet instant gênant. Bientôt, elle pose sa main sur le véhicule brûlant et appuie dessus en se concentrant. Il n'y a plus aucun doute après avoir vu ça: elle est un possesseur d'individualité. Je ne l'ai jamais vu à Yuuei, et elle a dit m'avoir uniquement vue à la télévision durant le tournoi, non pas en direct. Elle ne fait donc soit pas partie du département des héros, ou de l'école tout court. Elle murmure quelques mots et la voiture prend son envol, tel un ballon qu'on aurait gonflé à bloc. Je suis fasciné par ce spectacle, quel étrange pouvoir! Sans attendre, je me précipite pour tirer la femme (elle est restée subjuguée par le spectacle) hors de la zone de danger. Elle n'a rien de grave, elle peut marcher toute seule et s'en va.

"Vous êtes géniale! Votre pouvoir est incroyable!"

M'exclamai- je avec un sourire excité quand la civile est déjà loin.

"M... Mais qu'est- ce que je raconte!? Il reste encore d'autres morceaux à récupérer avant qu'ils n'explosent aussi!"

Mes doigts sont plongés dans mes cheveux, mon expression exprimant un intense désespoir qui tranche totalement avec mon excitation précédente. Soudain, mon visage s'illumine à nouveau, j'ai une idée qui pourrait marcher si l'individualité de cette fille est bien ce que je pense. Je me tourne vers elle avec une expression déterminée qui exprime la confiance que j'ai.

"S'il vous plaît mademoiselle (oui, je la trouve plutôt vieille...), vous pouvez m'aider avec votre individualité? J'ai besoin de me rendre à des points précis rapidement, avec votre pouvoir, ça serait possible! Je vous en prie! Sans vous, je n'y arriverai jamais à temps!"
Izuku Midoriya
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Ven 26 Aoû - 22:19
L’apprenti héros et la civile arboraient exactement le même air ébahi. Cela lui donna assez de courage pour dire la première bêtise qui lui passa par la tête :

-A croire que vous n’avez jamais vu de voiture voler ! -Elle plaça ses mains sur ses hanches avec plus d’assurance qu’elle n’en avait, puis grimaça, jetant de nouveau un regard incertain à la carcasse mise en orbite. Elle espérait vraiment, vraiment que ce truc n’allait pas leur retomber sur le nez. Elle avait déjà eu une poupée dont le sort avait duré 3 ans, mais l’objet avait toujours été dans son périmètre proche.

…Et si la distance rendait son pouvoir inefficace ?
Bah. Ils allaient le découvrir aujourd’hui, ou pas.

Voir la civile s’en aller, presque indemne, et rejoindre les policiers apaisa un peu ses craintes tout de même : voilà il suffisait juste de ne pas rester ici. Au cas où. Manquerait plus qu’elle se fasse écraser après tout le mal que Mahô s’était donné pour la sauver !

"Vous êtes géniale! Votre pouvoir est incroyable!"

L’exclamation de l’apprenti héros -enthousiaste et bruyante- manqua de faire avoir une crise cardiaque à la sorcière. La situation la mettait un peu à fleurs de peau. Elle sursauta, bras en avant pour se protéger – réflexe involontaire qu’elle tenta de camoufler. Frisouille -ce surnom lui allait bien- ne sembla pas le remarquer, tout à ses soucis :

"M... Mais qu'est- ce que je raconte!? Il reste encore d'autres morceaux à récupérer avant qu'ils n'explosent aussi!"

Mahô écarquilla les yeux. De quoi ? Qu’est-ce qui risquait d’exploser ? Quels morceaux ?
Un nouveau frisson lui remonta l’échine, en même temps qu’un affreux doute.

Puis soudain, le visage de frisouille s’illumina et il la fixa intensément.

Oh-oh, ça puait.

"S'il vous plaît mademoiselle (oui, je la trouve plutôt vieille...), vous pouvez m'aider avec votre individualité? J'ai besoin de me rendre à des points précis rapidement, avec votre pouvoir, ça serait possible! Je vous en prie! Sans vous, je n'y arriverai jamais à temps!"

Et voilà qu’est-ce qu’elle disait. Mahô recula instinctivement face à cette responsabilité et elle chercha dans la foule quelqu’un à qui refiler ce devoir :

« Hum, la police ne serait pas mieux placée que moi pour ça ? Je veux dire… »

Elle chercha ses mots, le contrecoup du sort précédent rendant sa réflexion plus difficile. Elle soupira et se gratta la tête, embêtée. D’un autre côté, le quartier ressemblait de plus en plus à un paysage apocalyptique. Pas de héros en vu, les flics débordés, et des débris partout. Mahô n’avait vraiment qu’une seule envie c’était de rentrer chez elle et se rouler en boule sous sa couette.

« T-Tu ne sais même pas quel est mon Alter. Je ne suis pas capable de faire ce…-Mahô pointa vaguement du doigt la zone désormais sans voiture- Ce truc tous les jours. Et d’ailleurs c’est même une première fois, il faudrait peut-être s’éloigner au cas où ! »

Elle le poussa gentiment de plusieurs pas en arrière, histoire d’être certaine de ne pas finir en purée, si le pire devait arriver. Mais plus les minutes s’écoulaient, plus elle se disait que peut-être, exceptionnellement, la loi de murphy n’allait pas s’activer. Tant mieux parce que niveau emmerdes, ils en avaient déjà un paquet sur les bras.

Elle jeta de nouveau un coup d’œil aux alentours. Aucun policier n’était venu la réprimander de l’usage de son Alter, et il n’y avait toujours pas de héros. A part Frisouille. Et il continuait de la fixer avec espoir et détermination. Son regard avait quelque chose d’angoissant, difficile à soutenir.

« J…Je crois que tu ne comprends pas bien Frisouille. Si jamais ça tourne mal les héros ont des assurances pour ça. Nous si on se foire c’est tout pour notre pomme. J’ai agis parce que…Voilà j’étais là et je pouvais faire quelque chose pour cette dame. Mais tout ça ? »

Elle ouvrit les bras, comme pour englober tout le quartier, souillé par les blobs, désertés par les autorités, et dont il restait encore quelques flammes mourantes de l’explosion.

« Je ne peux pas faire grand-chose contre ça ! Je…Je ne saurais même pas par quoi commencer ! »

En fait si, elle savait exactement par où commencer : se barrer en courant en quatrième vitesse. Mais même si elle en avait très envie, le regard du petit -ou peut-être ses jambes molles, de nouveaux agités par la peur- la retinrent. Ses bracelets cliquetèrent nerveusement à ses poignets et son collier se mit à frétiller à nouveau. C’était sûr à présent : il imitait son estomac. Elle allait vomir. Genre, vraiment, là sur Frisouille.

Mahô porta la main à ses lèvres, prête à camoufler un haut-le-cœur, et gémit : ses mains étaient toutes rouges et sensibles. Il n’y avait pas de cloque – dieux merci- mais cela faisait mal. Maintenant que l’adrénaline se diluait dans son sang.

C’était vraiment, vraiment la catastrophe, réalisa-t-elle. Peut-être que l’horreur déformait sa vision des choses, mais elle n’arrivait même plus à savoir si elle arriverait à fuir de cet enfer. Elle ne reconnaissait plus vraiment les rues : et les transports en communs devaient avoir été arrêtés. Sa maison se trouvait à plusieurs kilomètres d’ici. Dieux, elle ne savait même pas comment on faisait pour rejoindre sa maison d’ici, à pieds !

Un dernier regard vers Frisouille -le seul foutu héros présent- et cela acheva de la terrifier. Il comptait sur elle, et c’était ça le pire. Ils se trouvaient dans une situation si extrême qu’un apprenti héros de Yuuei comptait sur ses pouvoirs. Elle. Celle qui avait tué son père.

Mahô éclata d’un rire nerveux, se mordit la lèvre jusqu’au sang pour empêcher ces mots-là de lui échapper. A la place, elle ferma les yeux, et bafouilla :

-Okay. De quoi as-tu besoin au juste ?

Tant pis. Pas le choix ici, il fallait agir si elle voulait rentrer chez elle indemne. Pas de regret. Tant pis. Elle s’obligea à reléguer sa peur, et le souvenir de ses crimes, tout au fond de son cerveau. Là où personne ne pourrait jamais les trouver. Mahô y compris.
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