Eat the world, listen the deaf. [Terminé...]

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Messages : 5
Ven 2 Sep - 22:41
You're My Eater

Cinsens HERESYA

I’m hungry, i’m hungry, i’m starving…


Nom : Heresya
Prénom(s) : Cinsens
Surnom : Ouroboros
Âge : Vingt-deux ans.
Nationnalité : Japonais
Département : Aucun
Année et Classe : Je suis plus étudiant les mecs, ça fait un moment.

Particularités de votre santé ?
Je suis sourd. Enfin, partiellement sourd. Si vous parlez fort et distinctement, je peux vous entendre. Mais si vous piaillez comme un oisillon, laissez tomber. Ma surdité ne va, d’autant plus, que de mal en pire… A part ça, je suis atteint de Pica. Oh et puis, je suis hyperlax.

Pourquoi voulez-vous entrer à Yuuei/Devenir un Super-Héros ?
J’ai plus l’âge d’entrer à Yuuei, hormis pour être prof. Et si je deviens soudainement un super-héros, je pense que je me ferais choper par les flics avant d’avoir sauvé des vies, alors… Les mecs, je suis un méchant ! Méchant ! C’pas compliqué, non ?

Vous aimez les p’tites cases, n'est ce pas ? Bah moi, j’suis pas dans le camp des gentils, voilà. C’est vous qui avez mis au point cette façon de dispatcher les gens et c’est moi qui râle.

Z’êtes vraiment à la ramasse les mecs.

Vos Hobbys ?
Manger. Ecouter de la musique et des chants, tant que je le puis encore. J’adore l’art. J’aime bien lire. Mais je suis plus occupé avec mon boulot actuel et mon besoin constant de nourriture, qu’avec mes loisirs…

Avez vous des conditions pour utiliser votre pouvoir ?Avoir assez d’énergie. La plupart du temps, j’en ai.

Alter

Monster Fantasy (Mutation) :

* Le corps de Cinsens produit de l’électricité. Il est constamment électrique. Mais il a besoin de beaucoup d’énergie pour créer cette électricité. Sinon il a plus de jus. Tout simplement. Ce qui fait qu’il digère tout ce qu’il avale en quelques secondes et ne ressent pas la satiété. Et il aussi beaucoup besoin de manger.

* Son corps est plus puissant que celui d’un Humain lambda. Surtout au niveau de la mâchoire et des dents. Il peut mâcher à peu près n’importe quoi sans briser les canines et sa salive est corrosive. Il a aussi de bons réflexes et une certaine vivacité. Mais c’est un détail.

* Ses yeux sont des yeux parfaits. Ils peuvent voir absolument tout. Mais c’est une charge d’information colossale, bien trop pour être supportée longtemps. Et surtout pas par un cerveau humain. Ses yeux sont plus de gros points faibles qu’autre chose. Surtout qu’ils sont plus fragiles que la moyenne.




Looking like…A Human.

Une bouche grande ouverte et une langue.

Globalement, si vous l’observez, vous le verrez la plupart du temps comme ça. En train de dévorer tout ce qu’il trouve à se mettre sous les dents.

C’est drôle, comme il a l’air inoffensif. Bloqué à un mètre soixante, sa petite taille va de pair avec son visage très enfantin. Un bon sourire innocent et rêveur au visage, les yeux constamment fermés, comme un aveugle, formant deux courbes rieuses. Des cheveux bruns, fous, encadrent ce charmant tableau. A vingt-deux ans, il ne semble physiquement pas sorti de l’enfance. Tel est son visage.

Son futal est toujours blindé de barres énergétiques et de choses sucrées. Son attitude est souvent très naturelle et détendue. Mains dans les poches, l’air sympathique. Parfois même, exalté. Une voix, grave, rieuse. Rauque et au timbre vibrant. A contrario de son apparence, touche d’excentricité, dans un corps pour le moins déjà vu.

C’est une partie de ce qu’il est, cette apparence lambda. Cette joie banale, mais irradiante, que le commun des mortels apprécie plus que tout au monde. La joie de vivre et la simplicité.

Mais un loup déguisé en agneau, n’en est pas moins vicieux.

Sous son sweet épais, bleu et beige, son pantalon un peu trop large et ses grolles, se cache un corps plats et hyperlax, aux muscles présents mais peu visibles. Taillé pour être réactif et efficace, cachant une certaine force sous un ventre trop lisse et une peau trop pâle. Sous son col haut, se trouve accrochée une paire de lunettes jaunes, comme s’il était aviateur.

Pour tout costume, il se contente de placer ces dites lunettes devant ses yeux.
Mais ces verres teintés, sont présents pour une raison bien plus qu’esthétique. Objet nécessaire pour protéger ses précieux oculaires quand Cinsens se décide à ouvrir, doucement, les paupières.

Deux pétards bleus, des artifices qui semblent électroniques, bavant une lumière diurne semblable à celle d’un écran. De ses yeux, parfois, sortent une ou deux étincelles électriques. Gravés de cercles et de points de visées blancs, on ne peut plus trouver les pupilles ou l’iris dans ses orbites brillantes. De superbes organes, comme sortis du néant.

Mais, au bout d’un instant, les paupières se ferment d’elles même, les yeux tressautent et tremblent. Une fissure apparait à la surface de l’œil et les larmes jaillissent, parfois explosent dans une pluie d’étoiles bleues et translucides.
Alors, rageusement, il essuie ces larmes conductrices d’électricité et peint une nouvelle face de son être, droit sur sa face.

Cinsens n’ouvre jamais les yeux pour rien. Et quand il les ouvre, c’est pour la traque. La chasse. Les yeux ouverts, la mort rode. Et son expression change alors drastiquement.

Son sourire se perd, ou se fait plus froid, plus figé. Ses yeux grand ouverts semble des feux de Saint-Elme. La personne n’est plus tout à fait la même. Changée. Physiquement et mentalement. Son corps se tend et se détend, ses mains se contractent et se décontractent, comme des pinces impatientes. Sa mâchoire claque dans le vide, désespère d’une matière à détruire. Et parfois même, des lignes bleues parcourent sa peau, cherchant un simple contact pour réduire une victime à l’état de cadavre convulsant et tressautant. Parfois, complétement extatique, il est hilare. La vision d’un fou. Pour lui, rien de plus que l’adrénaline d’un corps prêt à enfin, combler sa dévorante et lancinante, faim.

Et ce, jusqu’à ce qu’il referme les yeux.

No ears, no mind.

Voyez-vous, sur le principe, c’est un homme sage.

Sage, comme une image. Dans le sens où il peut passer des heures, dans un rêve. Ne pas bouger, savourer juste l’impression d’entendre, le bonheur d’être seul et éloigné de la réalité. C’est un trouble, une joie, une condamnation.

Il reste comme ça, assis à son bureau avec un vague rictus aux lèvres, les yeux mi-clos. Une bouteille de fée verte dans une main, des échardes dans l’autre.

Il boit trop. Beaucoup trop. Du rhum et de l’absinthe essentiellement. Mais il aime ça. Il ne peut s’en passer. C’est sa muse, son échappatoire. Le seul endroit où il peut voir des reflets toxiques valser dans et devant son regard. Le seul endroit où il peut encore entendre distinctement des réminiscences.

Vagues souvenirs de voix et d’instruments, clairement entendu, jamais oubliés. Il a une bonne mémoire des mots, des sons. Une mémoire auditive. Un comble, pour un sourd.

Alors, dans son désespoir, il reprend une gorgée de fée et raye les finitions de la table qu’il malmène. Il sait que l’effet de ce poison, qu’il avale comme si c’était de l’eau, ne dure pas assez longtemps. Jamais assez longtemps. Son corps filtre tout, trop vite. Et l’absinthe n’est pas assez puissante pour avoir des effets de plus de quelques minutes.

Parfois, quand il n’est pas d’humeur à plonger dans un bain de rêve liquide, il remplace la fleur empoissonné par du rhum. Le temps d’une soirée, à danser entre deux sourires bourrés. Un moment d’euphorie, où il oublie ses problèmes et se démène pour détruire mobilier et objets lui passant sous la main.

Il grogne, marmonne, chantonne.

L’harmonie. Il ne la trouve que dans les liquides. L’alcool comme source de rêve et l’eau, comme source d’apaisement. L’eau est son élément. Comme un poisson, il s’y retrouve en apnée. Immergé, il oublie sa colère, son brasier électrique qui s’anime et ondule dès qu’il se retrouve libre de l’alcool. Cette colère contre le monde et surtout, contre sa personne.

Son vrai problème, c’est lui. Il ne se supporte pas.

Plus précisément, c’est son corps et son individualité, qu’il déteste. Cette faim lancinante, qu’il sait incrustée dans son ventre et sa tête, le rend parfois à moitié timbré. Il se reprend toujours. Bien trop vite. Mais cette faim, accompagnée de sa Pica, le pousse instinctivement à se nourrir de tout ce qu’il lui passe sous la main. Alors il lutte contre son être et mâchonne toute la journée des fleurs comestibles de toutes les couleurs, pour calmer sa bouche.

Parfois, quand ses sens sont embrouillés, il lâche sur sa langue, une pluie de fleurs de Datura et de Belladone. Poisons salvateurs, qui le clouent parfois au lit, fiévreux et affamé.

C’est un avare, mais il accepte largement cette énorme dépense qu’il effectue chaque semaine, en fleurs et en alcools. Cette culture, s’est changée en passion. En baume réparateur.

Son espace de vie est envahi de plantes aux fleurs enchanteresses, d’odeurs charmantes et de miel aux vertus calmantes. Ses nerfs, durement malmenés, gardent égoïstement les senteurs naturelles d’opium et de poisons, loin de tous regards.

Affamé de tout, de bruit, d’odeurs, de contact, il ne se prive pas d’être tactile, bavard, observateur. Il l’est avec lui-même, embourbé dans sa douce solitude, comme avec les autres, qu’il électrise d’un simple contact.

Agréablement lunatique, courant d’une humeur à l’autre, se calfeutrant dans ses addictions, c’est un caractère destructeur mais simple. Il ne ressent pas de plaisir au chaos, si celui-ci n’est pas directement dans son crâne. Il n’a pas d’intérêt pour la mort, si celle-ci ne remplit pas son estomac. Et à l’inverse, se restreindre n’est pas une option lui venant à l’esprit.

Il ne trouve son plaisir, que dans l’écho de sa propre réalité dystopique. Il aime voir le monde à l’envers et se fiche d’être à la ramasse. Il aime faire croire avoir un contrôle illusoire, avancer dans ce monde de rêve et faire partie intégrante du jeu. De ce jeu, dans lequel au final, il n’a que deux yeux pour voir. Dans ce jeu, quand lequel il passe son temps à observer de loin, entretenant ses fleurs mortelles.

Utilisé ou être utilisé, héros ou vilains. Cela lui importe peu. Sa tâche l’incombe ailleurs et personne d’autre que lui, ne peut lui offrir cette excitation toute relative à la destruction par la consommation.

La destruction, par l’autodestruction. Comme l’Ouroboros, dévorant tout ce qu’il peut pour grandir et finalement, se mordre la queue. Cinsens aime et perdure ce cycle infini, se troublant par l’alcool et les fleurs.

Comme autant de rêves écrasés.

Dancing time !



Six heures.

L’air hagard, la langue couverte de fleurs de chèvrefeuille et de basilic, l’arnaqueur semblait ailleurs. Une bouteille entamé d’absinthe sur la table, une radio au niveau sonore bien trop élevé collée contre son oreille gauche, il frissonnait. Ses yeux fermés et ses lèvres tremblantes, trahissaient un cauchemar. Un vieux souvenir vague. Un vieux souvenir, de colère froide. De peur tremblotante. De haine brûlante.

Un rêve.

* * *

De l’eau. En plein visage. Il en avait partout. Dans les cheveux, les yeux. De l’eau savonneuse. Ca piquait. Et il ne pouvait même pas se frotter les paupières pour chasser le produit.

« Pourquoi tu m’écoute jamais ? »

« Pardon Maman. »

« Pourquoi tu l’écoute lui ? »

« Je le referais plus. »

« Tu dois m’écouter moi ! Seulement moi ! Arrête de le voir ! »


Il se prit le sceau sur la partie inférieure de la face et il ne put s’empêcher de reculer de trois pas, passant une langue sur ses dents rayées par le choc et sa lèvre explosée. Il sentait une griffure le long de sa joue gauche, mais il resta de marbre. Retenant cris et larmes. Par chance, son appareil auditif était toujours en place.

Une main glacée vint se poser sur sa joue endolorie et même avec les yeux fermés, il put apercevoir le rictus nerveux de sa mère.

« Tu resteras dans ta chambre cette semaine. Tu vas m’écouter, hein ? »


Silence. Elle le secoua.

« N’est-ce pas ? »

Il resta une seconde, silencieux. Puis il hocha la tête. Il lui sembla qu’elle souriait.

« C’est bien mon grand. Maman sera toujours là. »


Elle caressa ses cheveux.

« J’aime quand tu m’écoute. Maman est désolée pour le sceau. Je vais t’amener de l’eau claire. Ne bouge pas. »

Elle fila en refermant doucement la porte. Cinsens observa la chaine, reliée à sa cheville gauche et les liens qui reliaient ses poignets. Son estomac gronda douloureusement.

S’il s’enfuyait maintenant, elle ne le lui pardonnerait jamais.

Il s’effondra contre le mur de sa chambre et laissa son regard s’égarer vers la fenêtre barricadée. Barricadée de barreaux. Et les nuages, derrière, semblaient si lointains.

« Pardon Papa… »

Il s’endormit.

* * *

« Elle t’as encore engueulé ? Pour être venu me voir ? »

Il avança, la Tour.

« Oui. »

« Décidément, elle arrêtera jamais de m’emmerder celle-là… »


Il perdit sa tour.

« Dit Papa, pourquoi elle te déteste autant ? »

L’homme figea son geste.

La question était à double tranchant.

« Elle ne me déteste pas, voyons… »

« Alors pourquoi, elle me déteste moi ? »


Il se demanda comment leurrer ses deux yeux froids, que le jeune adolescent tenait de sa mère. Il trouva vite la réponse. Il ne pouvait pas. L’homme posa son Fou et croisa ses bras le long de la table.

« Papa ? »

Cinsens pencha la tête sur le côté. Sam Heresya, revoyait son fils, petit garçon. Gamin tout sourire aux cheveux fous, accompagnée de sa mère. D’une mère aimante. Et d’un père, qui savait parler d’autres choses que de jeu d’échec et d’études.

Les yeux rouges de Sam se remplirent de nuages.

Cinsens resta silencieux. Il bougea sa Reine et se leva rapidement.

« Echec et mat. »


Vague souvenir. La fin d'un rêve.

* * *

Six heures et trente minutes.

« Cinsens ? Tu dors ?»

Il cligna des yeux, tâtonna son bureau et faillit renverser la bouteille de fée verte. C’est finalement dans un sursaut frissonnant, qu’il se redressa.

« Aulnes ? »

Une main se posa lourdement sur son épaule. Une paume de fer.

« Haha, mauvaise pioche mon gars. »

« Auron ? Nom d’un chien…Qu’est-ce que tu fous là ? »

« Pas grand-chose gamin, j’viens faire mon taff, voir la gueule de mon commerce et des nouvelles acquisitions. C’est encore mon magasin, même si tu squatte ici souvent, tu sais.»


Cinsens grogna en se levant doucement. La tête lui tournait.

« Je squatte pas…Je te paye.»

« Et en échange de ce précieux argent, tu sais ce que tu gagnes, non ? »

« Ouais… »


Le jeune homme trébucha sur le vide et s’approcha d’une vitrine, récemment réarrangée.

« Vous avez obtenu une très belle collection de montres à gousset finitions or et de vieux bouquins, il y a peu… »

« Oh Cinsens, tu sais bien que ça ne m’intéresse pas, ça ! Parlons de toi. Ça faisait un bail. Combien de personne as-tu mangé récemment ? »


Cinsens fit la grimace.

« Pas beaucoup. C’est un vieux magasin dans un trou paumé de la ville, je te rappelle. Pas génial pour attirer des proies. Seuls les gens désespérés viennent ici…Et actuellement, ça fait pas beaucoup. »

« C’est pas ta maison ici, tu as ton business ailleurs, je l’sais. Me fait pas avaler des couleuvres. Donc, même dehors, tu ne trouves personne ? »

« Na…C’est la dech. Personnes veut faire affaire en ce moment. Résultat, j’suis obligé de chasser ma nourriture…C’est ni discret, ni efficace. »

« Tu devrais vraiment profiter plus de ton alter…Mais, si t’as faim, c’est pour ça que tu vas pas voir Aulnes en ce moment ? »


Il y eut un moment de silence. Puis Cinsens soupira.

« Ecoute mec, pourquoi je t’ai confié Aulnes à ton avis ? Même si j’entretiens ce gosse, je risque de me faire pilonner par des héros ou des flics tous les quatre matins ! Si je venais ici plus qu’une fois de temps à autre, tu aurais fermé depuis un bail. En plus d’être un arnaqueur sur pattes, je dévore les Humains. Tu veux une raison de plus, pour que j’évite d’être en compagnie du môme ? Non, parce que j’en ai des sacs.»

Cinsens semblait outré. Il sortit une fleur de sa poche et la croqua avidement.

« Je ne peux pas et je ne veux pas, faire le mec normal, Auron. J’ai l’air d’être dans un état gérable, pour le gosse ? Même pour moi c’est compliqué ! J’ai pas besoin que toi, ou Aulnes, vienne m’emmerder. D’ailleurs, je vais probablement venir moins souvent au magasin. Pareil, Aulnes devra attendre. »

Comme pour appuyer ses dires, son ventre gronda avec force.

« De toute façon, je vois pas à quoi ma présence lui sert. Je peux même pas le toucher ! Tu veux que je l’électrocute ? »

Auron secoua la tête.

« Si j’aimais pas autant ce gamin, je dirais qu’il aurait dû crever avec son père, plutôt que de vivre avec un frère comme toi. »

Cinsens s’assombrit.

« Je ne suis même pas son frère. »

* * *

Tard. Beaucoup plus tard.

« Pitié ! Pitié laissez-moi, je ne veux pas mourir ! »

L’air hagard, une fleur de belladone entre les dents, Cinsens traînait la jeune femme dans les escaliers menant au sous-sol du bâtiment. Il l’étranglait, l’agrippant par le col.

C’était un vieil immeuble désaffecté. Une de ses zones de chasse. Chaque zone, ayant son moyen pour appâter l’Humain. A un endroit, on vendait des fleurs, dans un autre, des poisons, dans un autre, on se faisait passer pour une proie… Il entretenait la nourriture dans chaque zone. Avec des marchandises, des appâts, ou avec lui-même.

Près de cet immeuble, il était prêteur sur gages. Il donnait de l’argent. Beaucoup d’argent. Ceux des cadavres. Contre autre chose. Un objet, un animal, une vie, une personne…

La plupart du temps, les clients ne faisaient pas attention aux petits caractères.

Ils s'autodétruisaient.

Il ne restait plus qu’à pêcher la touche.

« A l’aide ! Aidez-moi ! Pitié ! Non ! C’était pas dans le contrat ! Ça peut pas être dans un contrat normal !»

Son estomac grondait et lui faisait mal. Vraiment mal. Il jeta un œil à la jeune femme et observa ses lèvres bouger, sans qu’il n’entende rien. D’un mouvement sec, il la redressa et posa une main sur sa bouche.

Un choc, fit sursauter la jeune femme. Cinsens ouvrit un œil à demi et soupira en fixant son futur repas droit dans les yeux.

« La ferme. On va t’entendre. »

Fatigué. Il était fatigué.

Il pressa ses doigts contre les lèvres de sa victime, pénétra de force la douce barrière gercée et mis ses ongles en contact avec sa langue et sa salive. Il attrapa le fragile muscle humide et le pressa violemment. Quand il retira sa main, la langue était grillée, noire. Il n’entendait pas les cris et gémissements de douleur, mais les devinaient.

« Tu m’embête. J’aurais vraiment dû t’assommer. »

Il ferma la porte de la cave derrière lui et son casse-croûte, verrouillant à double-tour. Les murs insonorisés et épais, gris, lui firent du bien. Tout au fond de la salle, les plantes aromatiques lui prirent le nez et il se mit à saliver. Il songeait à une sauce sucrée, tandis qu’il attachait la jeune femme à une chaise.

Une fois son travail terminé, il se recula et admira son œuvre. Elle avait une jambe brisée et sa langue de cendre, dépassait de sa bouche. Il grimaça. Il aura vu mieux, comme présentation.

« Alors, qu’est ce qu’elle a fait, celle-là ? »

Il entendit vaguement la question. Clamée, hautement et fortement, très distinctement. D'une voix tremblante et sèche. Cinsens grogna et se tourna vers l’homme. Dans un coin de la pièce, il l’observait de ses yeux aveugles. Les plaies et morsures au niveau de ses bras étaient infectées. Immangeable.

« Elle s’est vendue, elle et sa sœur, contre de l’argent et du temps de remboursement.»

« Oh. Et elle n’a pas remboursée ? »

« Non. Ça faisait un mois que je la cherchais. Je n’aime pas que mes repas me filent entre les doigts. »


Il recracha la belladone. Puis il prit de l’Aspérule et du Cerfeuil et enfonça les plantes dans la bouche de la jeune femme. Il bloqua sa mâchoire et scotcha ses lèvres.

« Garde ça, tu veux ? »

L’homme ne lâcha pas l’affaire.

« Et sa sœur ? Tu la cherche aussi ? »

Cinsens le regarda, de plus en plus agacé.

« Non. Elle est là-bas. »

Il pointa du doigt, une boite dans le fond de la pièce. Un compost. S’y échappais un mince filet organique, indéfinissable.

Cinsens repris son ouvrage, couvrant la jeune femme de pétales, de sel et de plantes. On aurait dit un ange tombé du ciel. Quand il eut fini, il n’arrivait plus à garder la bouche fermée. Un surplus de salive, courait le long de ses lèvres et tombait sur les jambes de la fille. A ce contact, elle se tortillait en tous sens et sa chair, se perçait jusqu’à l’os.

« Vos parents doivent être fiers. »

Cinsens ne se retourna pas cette fois. Il avait bien trop faim. Il avait bien trop envie d’en finir.

« Bon appétit ! »

Il plongea ses dents avides dans le cou de la jeune fille. Tranchant la jugulaire d’une canine, un afflux de sang éclata sur sa langue et le fit gronder de plaisir. Il frissonna et un courant électrique, frappa sa victime de plein fouet. Il avala une pièce de viande sans même la mâcher et replongea ses dents dans la zone à découvert, arrachant une pièce à la fois, prenant son temps.

La nuit allait être longue. Longue et chargée d’exaltation.

* * *

Trois étoiles éteintes et le jour se lève.

Quatre heures du matin.


Il s’approcha de l’homme, se pourléchant les gencives, suçotant le bout de ses doigts. Yeux fermés, grand sourire aux lèvres. Il avait de nouveau cet enfantin visage. On aurait pu croire que le sang sur ses vêtements et autour de sa bouche, lui appartenait. Victime de l’innocence de son visage.

L’expérience d’une vie.

Cinsens s’agenouilla devant l’homme, qui restait immobile. Il savait qu’il était réveillé, malgré ses yeux crevés.

Pendant un instant, il ne sut quoi dire.

« Tes yeux furent les meilleurs, que j’eus jamais goûté. »

L’aveugle ricana.

« Vraiment très fiers. »

« Pardon ? »

« Vos parents doivent vraiment, être très fiers. »

« Si vous essayez d’attiser ma pitié, je vous signale que vous pouvez toujours chanter, ça ne marche pas. »

« Non. Je suis sérieux. »


Cinsens eut envie de brûler ce visage souriant. Le brûler à l’agonie, à mort. Mais étrangement il se retint.

Même plus. Il répondit.

« Ma mère était une hystérique. Elle n’a jamais été fière de moi. Seulement d’elle. »

« Malade ? »

« On peut dire ça comme ça. Quand elle à sut que j’avais l’alter de mon père en plus du sien, ça la rendue complètement folle. Qui voudrait avoir un Monstre comme fils, je vous demande ? Et puis, elle avait un métier et une image à entretenir. Une héroïne. Vous imaginez ? Elle, mettre au monde un truc comme moi ?»

« Je crois comprendre. »

« Vous ne disiez pas ça, lorsque vous m’avez vu dehors, la première fois. Vous n’auriez pas dit ça si vous m’aviez vu, gamin. »


Il cracha par terre.

« Je dirais plutôt que c’était viscéral. Tant que je n’étais que son reflet, ça allait. Ensuite, elle s’est mise à me détester. C’est tout. »

« Et votre père ? »

« La plus belle âme du monde. Attentionné, charmant. Compréhensif. Vraiment. »

« Il n’a pu vous épargner la présence de votre mère ? »

« Non. Devant un tribunal, la mégère gagne la plupart du temps. Elle a eu ma garde, lors de leur séparation. Elle voulait essayer de me gérer. En cachant mon existence au monde et en m’amadouant avec de la viande maigre. Les pires années de ma courte vie. »

« Votre père n’était pas d’une grande aide… »

« Oh, si. J’allais le voir tous les week-ends. On jouait aux échecs en se gavant de nourriture. Parfois, on faisait ça tout le week-end, sans rien se dire. Vraiment, un super Papa. »

« Pourquoi vous faites ça alors ? S’il savait, ne pensez-vous pas qu’il serait dévasté ? »


Cinsens sourit.

« Il est mort. Il est mort juste après le meurtre de ma mère. Donc je pense qu’on se fiche un peu de ce qu’il trouve juste ou non. A dire vrai, je m’en fiche pas mal. Quand on joue aux échecs, l’important, c’est de manger l’adversaire. C’est ce qu’il m’a appris. Ça tombe bien, c’est exactement ce que je fais maintenant.»

Il gloussa.

« Votre mère a été assassiné ? Par qui ?»

« … »

« Par vous ? »

« Bien joué Sherlock ! »


« Pourquoi ? »

« Elle m’affamait. Un jour, j’ai craqué. Je l’ai tuée. J’avais trop faim. »

« Vous l’avez… »

« Non. Non, bien sûr. J’ai juste arraché sa jugulaire. J’ai tout recraché. La dévorer m’aurait donnée une indigestion.»


« Et votre père aussi ? Vous l’avez tuez ? »

Il y eu un silence choqué.

« Pourquoi je vous raconte tout ça ? »

« On s’en fiche non ? Vous allez me tuer, de toute façon. »


Cinsens approuva silencieusement. Il s’assied en tailleur et poursuivit.

« Mon père est mort assassiné, ainsi que ma belle-mère. Son fils a survécu, par contre. Croyez-le ou non, c’est ma mère qui avait programmée leurs assassinats. Avant que je ne la tue, bien sûr.»

L’aveugle resta de marbre.

« D’autres questions ? »

« Vous êtes bien aimable. Oui. J’ai d’autres questions. Avez-vous encore des personnes à qui vous tenez ? Un endroit où aller ? Pourquoi m’avez-vous torturé aussi longtemps, avant de m’achever ? »

« Vous ne me demandez pas pourquoi je fais ça ? Pour un psy, je m’attendais à mieux. »


« Non. Pas besoin. Soyons franc, je m’en fiche un peu. Et vous aussi. Votre père vous manque, mais sans plus. Je suis resté assez longtemps ici dans les odeurs de magnolias et de cadavres, pour bien comprendre que vous avez juste faim. Que vous ne pensez qu’a vous-même. Quant à pourquoi vous avez décidé de tuer des humains, je ne le sais pas et ne veux pas le savoir. Gardez-ça pour vous. »

« L’apport énergétique. »

« Hein. Charmant. »


Cinsens fixa l’homme. Puis il soupira.

« Il me reste deux personnes. Juste, deux. Dont une qui ne me voit presque jamais et l’autre, qui m’offre gracieusement son aide… En assurant une vie convenable à la première. Contre un peu d’argent, bien entendu. Pour les endroits où aller, j’ai mes adresses. Je me débrouille. Je ne viens pas toujours ici. C’est une planque comme une autre. Surtout pour les corps et les fleurs, en fait. Quant à vous, très cher… »

Il se releva et s’approcha d’un arbre en pot. Un arbre, aux fleurs roses.

« Je voulais essayer de voir le temps de conservation d’un être humain. Mais il semble que si je ne m’occupe pas de vous et de vos blessures, trop longtemps…Vous pourrissez, tel un cadavre. Pourtant vous êtes en vie. Ca fait quel effet ? De pourrir vivant ? »

Il arracha quelques fleurs et retourna près de l’aveugle. Il ouvrit grands les yeux.

« Comme promis, votre fille à vu sa dette effacée. Elle devrait vivre une belle vie. Grâce à vous. Du moins, si elle ne me recroise pas. »

L’aveugle soupira. Puis sourit. Soulagé.

Cinsens leva les yeux au ciel et retint un souffle nauséeux.

« Vous avez fait une belle affaire. Une vie pour une vie. Contrairement à l’autre, là. »

Il se lécha les lèvres.

« Maintenant très cher…Si vous voulez bien ouvrir la bouche, le jour se lève pour moi, mais se termine pour vous. »

Docilement, l’aveugle accepta son sort et tendis la langue. Cinsens y déposa cinq fleurs et le laissa avaler. Il se releva, se préparant à remonter changer de vêtements.

« Ey ! »

Il faillit ne pas entendre. Mais il se retourna.

« C’était quoi ? Cette plante. Elle était douce… »

Cinsens resta un instant interdit. Puis, il ricana. Chaudement.

« Du Laurier rose. Une des plantes les plus communes. Une des plus toxiques, aussi. Un peu comme les humains, je suppose. Sur ce, Monsieur…Mes respects et douce agonie. »

Il referma doucement la porte et le silence reprit place.

* * *

Une fée verte pus tard...

Assis dans une ruelle sombre, une bouteille d’absinthe à la main, des fleurs multicolores en bouche, il attend. L’air dans le vague, le ventre déjà vide et des idées sombres plein la tête.



Très rapidement, moi c'est Cinsens, j'ai presque la majorité et je suis le fou du Roi. J'ai connu le forum grâce à INTERNETTTTTT, et je suis Nouveau. Mon perso c'est Léonardo Watch, de Keakkai Sensen (Blood Blockade Battlefront). Comme je suis quelqu'un d'absolument génial - et personne ici-bas n'en doute - j'ai bien sûr lu le règlement, et je vais le respecter, parce que les fessées c'est moyen-moyen.

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Messages : 103
Ven 9 Sep - 14:16
L'histoire est bien racontée, le pouvoir est correct, tout me semble en ordre, je valide !
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