Le Gang des Très Méchants

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Sae Hee Yoon
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Sae Hee Yoon
Dim 11 Sep - 22:20

La prison se dressait devant nous, le futur « Gang des Très Méchants ». Je jetai un regard à mon groupe. Mais pour l’instant, nous n’étions que deux. Hem. Je toussai discrètement, un peu embarrassée. J’étais à la fois gênée par le manque d’effectif du groupe et par le fait que j’avais une furieuse envie de prendre une douche au fongicide. La vision de mon camarade de route me faisait cet effet depuis notre rencontre à vrai dire. Il était, comment dire…

Quelques jours auparavant

« Des super-héros ! C’est un piège, dégagez ! » Et soudain, ce fut une pagaille totale. Une majorité des futures recrues de la Ligue restaient tétanisées face à cette annonce avant de courir dans n’importe quelle direction. Les quelques membres de la Ligue elle-même avaient rapidement usé de leurs Alter pour s’enfuir, laissant sur place les aspirants. Surement qu’ils en trouveraient d’autres ailleurs ; le monde ne manquait pas de vilains. Quant aux aspirants héros dont on – les recrues de la Ligue – devait s’occuper, ils souriaient, probablement tous très fiers d’eux. Je regardais ce triste spectacle ; mais y avait-il véritablement des super-héros ?

Alors, je pus les apercevoir. Ils arrivaient de partout, certains par les airs, d’autres par les rues environnantes. Il ne fallait pas être très futé pour se rendre compte que c’était mort pour toutes les recrues de la Ligue. Sauf moi, ou ceux qui avaient des capacités similaires, à l’évidence. Je doutais que bon nombre aient un Alter suffisamment puissant pour se battre contre plusieurs super-héros – même si certains avaient un bon potentiel, d’après ce que j’avais pu voir. Et la Ligue étant partie… Non, ils n’avaient décidément aucune chance.

Pff. J’étais dégoutée. Finalement, ça ne valait rien la Ligue. Ils se donnaient un genre mais certainement que, comme aujourd’hui, ils ne prenaient pas de véritables risques. Peut-être même n’avaient-ils pas de vraie conviction. Leur réputation n’était certainement que le fruit de leur médiatisation. Certainement qu’il faudrait que je les mette sur ma liste de choses à éradiquer… Tout en y songeant, je voyais les premiers héros se battre. Bientôt les premières ex-recrues de la Ligue se feraient arrêter. Il ne fallait pas trainer dans ce quartier, ça sentait mauvais. Je disparaissais rapidement, sans bavure, dans le sol.

Je passai le cercle de super-héros qui se refermait sur les vilains sans encombre. J’allais continuer ma route, cachée au cœur-même du sol, quand je détectai quelqu’un à la surface. A la manière dont il se cachait pour observer la scène, il ne s’agissait très certainement pas d’un super-héros, ni même d’un élève de Yuuei. Un vilain qui avait fui ? Je passai du sol au mur le plus proche de lui et je ressortis discrètement dans son dos. Il avait effectivement une vue imprenable sur la scène… Mais qu’est-ce qu’il était mal caché ! Ce con allait se faire reprendre s’il restait planté là. Il avait l’air un peu bizarre à vrai dire. Je lui empoignai l’avant-bras et le tirai en arrière brusquement. « Il faut qu’on se tire, gros bêta. » Sur ces belles paroles, je me mis à courir dans la direction opposée.

C’était la rage contre la Ligue qui m’avait faite agir ainsi. Puisque ces connards ne voulaient pas se battre, je me battrais sans eux. Mais avec moi, tout ceux qui avaient les mêmes convictions. J’avais simplement suggéré que cet individu vêtu d’un déguisement ridicule était une recrue de la Ligue, alors il devait avoir les mêmes motivations que moi.
Finalement, nous nous arrêtâmes à plusieurs rues du fiasco. Tout était beaucoup plus calme ici. Je m’accordai quelques instants pour récupérer avant de reprendre la parole. « Alors, déçu de la Ligue ? » C’était amplement suffisant ; selon sa réponse, je me barrais sans lui ou j’avais un nouveau compagnon. On pouvait au moins remercier la Ligue pour une chose : elle avait fait une pré-sélection des Alter de chacun. Les mecs qui avaient été là aujourd’hui avaient tous un bon potentiel.
Sae Hee Yoon
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Adrix Viyers
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Adrix Viyers
Lun 12 Sep - 21:27

Pourquoi diable était-il encore en train de les suivre ? Après s'être fait jeter comme une vieille chaussette par cette fameuse Ligue des Vilains, Adrix aurait du continuer sa route sans se retourner. Pourtant, le voilà en train d'espionner ce test qu'on lui avait refusé, pauvrement planqué derrière un lampadaire, à la manière d'une jeune fille amoureuse et timide jetant des coups d'oeil envieux vers un amour à sens unique. Une métaphore qui perdait de son charme dés lors qu'on posait le regard sur la "demoiselle" de l'histoire qui évoquait davantage un stalker devant une école maternelle qu'une collégienne au coeur épri.
Il n'y avait pas de raison logique à sa présence. Plongé dans un état second, il agissait au gré de ses délires. Peut être espérait-il, en son for intérieur, qu'il pourrait se glisser au milieu mine de rien et faire toute la démonstration de son talent. Nul doute qu'après l'avoir vu à l'oeuvre, ses camarades passeraient outre son extérieur désagréable ! Cela ne faisait pas l'ombre d'un d... Eh c'est pas des héros par là bas ?

Depuis l'abri de sa superbe et ingénieuse cachette, Adrix eut tout le loisir d'observer le spectacle du piège des défenseurs de la justice se refermer sur les aspirants méchants. Un traquenard tout simple qui risquait fort de coûter la liberté à la plupart des participants. D'autant plus que les organisateurs avaient tôt fait de déguerpir, laissant les petits nouveaux à la merci de leurs adversaires plus expérimentés. Une attitude qui arracha à l'homme moisi une grimace ecoeurée.

*C'est vraiment pas très chic tout ça...*

C'était donc là tout le sens de la camaraderie dont faisaient preuve les membres de cette ligue ? Certes il s'agissait d'une bonne de salopards mais ça n'en était pas moins décevant. Et qu'allait-il advenir de tous ces jeunes gens pleins d'espoirs et aux pantalons à l'humidité croissante ? Peut-être devrait-il intervenir ? S'il volait au secours de ces vilains en détresse, est-ce qu'il s'attirerait leur sympathie ? Au stade où il en était, c'était plus ou moins la dernière option pour accéder à un semblant de contacts humains. D'un autre côté, Adrix souffrait d'une terrible allergie au cassage de figure et un rapide décompte des forces en présence indiquait clairement qu'il avait toutes les chances de finir en fricassée sans aider qui que ce soit.

*Raaah ! Si seulement ma bravoure n'était pas entravée par ma couardise totale !*

Il était en pleine réflexion quand une demoiselle en fuite l'attrapa brusquement par l'avant bras, manquant de lui faire perdre l'equilibre. Mince, il était tellement concentré sur le fait de ne pas s'exposer au danger qu'il ne l'avait même pas entendu s'approcher ! Ou bien elle était diablement rusée... C'était sans doute ça. Et si c'était une embuscade ?

« Il faut qu’on se tire, gros bêta. »

Des étoiles s'allumèrent sous la visière de l'homme champignon. Elle ne venait pas le frapper, elle s'inquiétait de son sort ! Un mot gentil même ! Bon, elle l'avait traité de bêta, mais c'était déjà un immense pas en avant vis à vis de ses précédentes interactions avec des individus en trois dimensions.
Bien trop content d'avoir quelqu'un prêt à lui adresser la parole, et de s'éloigner de la mêlée tant qu'à faire, Adrix s'enfuit avec elle, tentant tant bien que mal de maintenir sa fermeture éclair fermée. Il ne faudrait pas que son... parfum, vienne à ruiner le premier semblant de conversation qu'il avait eut en plusieurs mois, avec une demoiselle en plus !

C'est finalement dans une ruelle à l'écart du tumulte que le duo improbable arrêta sa fuite effrenée. C'est alors que sa nouvelle "amie" lui posa une question dont la réponse allait sans doute décider de tout le reste de sa misérable petite vie.

« Alors, déçu de la Ligue ? »

Il tourna vers elle un visage que le masque à gaz rendait indiscernable. Il avait conscience que ce qui allait bientôt franchir ses lèvres était d'une importance capitale. Il ne fallait pas qu'il se trompe. Ni qu'il se laisse déconcentrer par les lutins multicolores dansant sur les épaules de la dame que la dernière effluve toxique lui faisait halluciner. Il prit une grande inspiration, se préparant mentalement à un énieme échec.

-"Déçu" n'est pas vraiment le mot. Dégoûté peut-être ? Répugné ?... J'ai tout bon ?
Adrix Viyers
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Sae Hee Yoon
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Sae Hee Yoon
Lun 12 Sep - 22:35

Oh oui, il avait tout compris, tout ce que je ressentais à l’égard de la Ligue… Il ressentait exactement la même chose. Je sentais l’excitation monter en moi ; peut-être que j’avais trouvé la personne idéale pour faire équipe ! L’espace d’un instant ma rancœur à l’égard du monde s’estompa. De nouvelles idées germaient ; un groupe, plus grand que la Ligue, qui écraserait tout sans discernement – méchants comme gentils. Je souris bêtement à cette idée. Mais croisant du regard mon reflet dans les lunettes fluorescentes de mon nouveau compagnon, je me repris instantanément. On n’était pas là pour flâner. « Hum. Bienvenue au club alors. »

J’inspectai un peu plus en détail l’individu à mes côtés. Sa combinaison de mauvais goût ne laissait rien percevoir de lui. Compliqué pour une première approche. C’était donc à moi, la taciturne, de faire l’effort de me présenter et d’aller à la pêche aux infos… « Moi c’est Sae Hee. Si t’es partant, on va faire équipe et leur botter le cul à tous ces gens. Mais d’abord, t’es qui ? » Et ce disant je m’approchai du masque à gaz que le gars portait et l’empoignai pour le lui retirer, des fois que je me serais trompée sur la marchandise et que ce gars n’était rien de plus qu’un de ces justiciers qui pensait m’avoir.

Je n’eus pas la chance de lui retirer son masque entièrement. Ce dernier à peine soulevé, une odeur nauséabonde emplit l’espace – et surtout mon nez qui s’était approché pour mieux voir, ou sentir en l’occurrence. Je le lâchai instantanément pour qu’il reprenne sa place originelle. « C’est quoi ça ?! » Ma main battit l’air très vite pour chasser l’odeur de pourriture. J’avais entraperçu quelque chose de terrible sous ce masque. C’était… Vert ? Ou peut-être marron-jaune ; à moins que ce ne soit violet-bleu. Mais ça n’inspirait rien de bon. J’avais l’impression d’avoir respiré quelque chose de terriblement dangereux. Moisissure, putréfaction… ? Le peu de visage que j’avais vu ne ressemblait en rien à un visage. Wait… Et si cet enfoiré essayait de me tuer comme ça ? Je n’en savais pas long sur les champignons, mais ces trucs-là ça pouvaient surement s’infiltrer dans le corps et me pourrir de l’intérieur, j’en étais sûre ! C’était une embuscade et j’étais tombée en plein dedans. Ok, pas de panique… Fuyons !

J’avais paniqué. Je ne savais pas pourquoi mais mon cerveau s’était mis à imaginer tout un tas de trucs et j’avais paniqué… Cela dit, j’étais encore en vie. Instinctivement, j’avais plongé dans le sol, disparaissant pour ma survie. Au moins, cela m’avait donné le temps de récupérer mes esprits. Il fallait être raisonnable, si ce type avait voulu me tuer il n’aurait pas porté une combinaison intégrale et un masque. Si ça se trouvait, il avait honte de puer la mort. Je ressortis du sol devant lui avant qu’il ne puisse s’en aller. Il fallait que je me concentre sur le fait que c’était présentement mon seul espoir. Je lui donnais une seconde chance, même si techniquement, la faute me revenait. « Ok, excuse-moi… Tu disais… Tu es ? Euh, je voulais juste te montrer mon Alter. Et toi… Tu… Tu… Pues ? » Erf. Non, puer ne pouvait pas exister comme Alter, mais c’était ma seule idée sur le coup. Franchement, elle pensait à quoi la Ligue en recrutant un mec comme ça ? Elle voulait s’autodétruire ?

« Euh… Je propose qu’on trouve d’autres types comme… Nous… Pour nous accompagner dans notre quête… Ok ? » No way, je ne voulais pas rester seule avec un type pareil.
Sae Hee Yoon
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Adrix Viyers
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Adrix Viyers
Mer 14 Sep - 16:15

Adrix attendait la réaction à sa réponse avec toute l'inquiétude d'un étudiant prêt à recevoir une mauvaise note. Il se répétait en son for intérieur qu'elle allait lui coller une baffe et disparaître en l'abandonnant, le laissant à son existence misérable de solitude. Anticiper la déception était le meilleur moyen que le jeune homme ait jamais trouvé pour protéger les braises d'équilibre émotionnel qu'il était encore parvenu à préserver.

« Hum. Bienvenue au club alors. »

Et voilà, encore raté. La sentence tombait, implacable comme la lame d'une guilloti... Attendez une seconde. Le coeur d'Adrix manqua un battement, son visage prit les couleurs de la stupéfaction. Avait-il bien entendu ? Elle l'invitait à rejoindre son groupe ? Pour de vrai ? Combien de temps avait-il entendu d'entendre ces mots ? Pour elle, c'était probablement une phrase anodine, un commentaire sans signification profonde. Mais pour cette mycose sur pattes, c'était l'équivalent d'un rayon de soleil transperçant les nuages. Il en tomberait à genoux de reconnaissance s'il n'avait pas peur de tout gâcher en agissant bizarrement.

« Moi c’est Sae Hee. Si t’es partant, on va faire équipe et leur botter le cul à tous ces gens. Mais d’abord, t’es qui ? »

Oui, bien sûr, des présentations. C-C'était l'étape facile ça ! ... Quoique... Cela faisait si longtemps qu'il ne savait pas trop comment aborder la chose. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui répondre ? Qu'il était un pauvre naze vivant dans un appartement insalubre ?
Avant qu'il n'ait eut l'occasion de répondre, il la vit s'approcher de lui, tendant une main vers son masque. Oh non ! Adrix eut un mouvement de recul, mais il était trop tard. Elle avait déjà eut le temps de le soulever, rien qu'un tout petit peu. Mais il suffisait d'un doigt d'air libre pour que l'odeur contenue à l'intérieur du costume s'échappe à la manière d'un gaz toxique, aggressant les sens de la plus odieuse des façons. La réaction de dégoût ne se fit pas attendre, mais si l'homme champignon avait déjà eut droit à cette scène des dizaines de fois, il devait reconnaître que voir son interlocuteur disparaître dans le sol était assez... inédit. Même pour lui c'était une réaction sans précédent. En voilà un Alter original et ô combien plus pratique que le sien.

Il désesperait de la voir jamais réapparaître devant lui, mais cette inquiétude ne dura que quelques secondes. En effet, la demoiselle ne tarda pas à sortir de sa "cachette", visiblement retournée parce qu'elle avait entre aperçu et passablement terrifié, mais toujours dans l'idée de l'inclure dans ses histoires. Elle devait vraiment être au fond du trou pour insister, à moins qu'elle ne soit sincèrement altruiste. Adrix se doutait bien que l'on voulait se servir de lui mais honnêtement il n'en avait cure.

« Ok, excuse-moi… Tu disais… Tu es ? Euh, je voulais juste te montrer mon Alter. Et toi… Tu… Tu… Pues ? »

Avec un soupire triste, il réajusta son masque, serrant davantage les liens de cette prison qui maintenait sa véritable nature à l'abri des nez extérieurs. Ouai, il puait. C'était un bon moyen pour résumer son Alter finalement. Malheureusement la vérité était plus répugnante encore. Il eut été plus facile de se contenter de cette fausse vérité, mais au point où il en était, cela ne ferait que retarder l'échéance. Elle finirait tôt ou tard par découvrir ce qu'il en était et il s'en voudrait s'il faisait tout rater juste pour se cacher. Plus encore, il était fatigué de se cacher sans arrêt.  

-Je... Moi c'est Adrix Viyers. Je suis un homme champignon. Tout ce que je touche... moisi. Moi inclus.

En réalité, ses capacités n'étaient pas si faibles que cela. Il y avait là un potentiel encore inexploité qui n'attendait que de croître. Timidement et pour le moins nerveux, Adrix commença à trifouiller les lannières de son masque pour s'occuper les mains. S'il jamais il le retirait, non seulement elle s'en prendrait plein les narines, mais lui recevrait de plein fouet toutes les effluves toxiques. Jusqu'ici, il était parvenu à rester l'esprit plus ou moins clair, ce n'était pas le moment de partir dans un trip de drogué.

-Ne touche plus mon masque... S'il te plaît. Je sais que c'est désagréable.

Elle voulait recruter plus de monde. Il ne pouvait qu'être d'accord. Elargir son cercle de connaissances était son désir le plus cher. Mais où recruter ? Ayant lui même fait le tour de toutes les possibilités, il savait combien il était délicat de recruter des acolytes. La ligue des vilains était désormais hors de question et si les criminels courant les rues étaient si faciles à contacter, ils seraient déjà arrêtés. Tiens, mais en parlant d'arret... Il existait un endroit où l'on pouvait aisément trouver toute une brochette de malfaiteurs

-L-La prison... Les autres ont dû être emmenés là bas. Et puis... tant qu'il s'agit d'intérieurs étroits, j'ai confiance en l'utilité de mon Alter.

Tout le potentiel putride des champignons s'exprimait dans les endroits étriqués où leurs spores ne se dispersaient pas facilement. Et c'était sans parler de sa propre odeur. Mieux encore, du peu qu'il avait vu de l'alter de sa camarade, il semblait aussi adapté à ce genre d'obstacles.
Adrix Viyers
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Sae Hee Yoon
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Sae Hee Yoon
Mer 14 Sep - 23:11


Retour dans le présent

J’inspirai avec gravité. Ce qui allait suivre était sans précédent. Personne n’avait jamais osé faire ce que nous allions entreprendre – pas la peine de vérifier si c’était vrai, ça l’était forcément. Cela pourrait bel et bien choquer les âmes les plus sensibles. En fait, ça me choquait terriblement. Je repensai à la douche au fongicide, désespérément. A côté de ce qui allait suivre, ma rencontre avec mon très cher ami Adrix faisait pâle figure. Je tapai dans mes mains pour me motiver. D’un bref regard j’évaluai notre distance à la prison.

Nous étions un peu plus haut dans la rue qui menait droit à l’entrée du pénitencier. Comme l’avait suggéré le champignon humain, nous allions entrer dans la prison et libérer ceux qui avaient été arrêtés lors du fiasco de la Ligue des Vilains. Pour cela, il nous avait fallu un plan infaillible. Je frémis à cette pensée. Je me tournai vers mon compagnon pour faire le point. « Bien, on va pouvoir commencer. Tu me dis dès que c’est prêt, et j’y vais. » J’étais assez inquiète, mais je n’en parlais pas. Je m’immobilisai le temps qu’il fasse ce qu’il avait à faire… C’est-à-dire qu’il injecte en moi des spores de champignons et autres miasmes organiques. Oui, oui, qu’il injecte vraiment tout ça dans moi. J’étais folle ; je devais être folle, ce n’était pas possible autrement…

Mais tout ceci faisait partie d’un plan et je m’en tenais toujours au plan, sans tergiverser, sans discuter. J’attendis qu’il me donne le feu vert et je disparus dans le sol. C’était pour moi un moyen plus simple – et plus supportable, soyons honnête – de transporter les spores qu’il m’avait donnée sans les abimer et sans qu’ils ne m’infectent. Je me déplaçai ainsi jusqu’à la prison. Ce n’était pas une prison de très haute sécurité, il ne s’agissait en réalité que de petits malfrats. Nous nous étions cependant renseignés et nous savions que quelques cellules avaient été aménagées pour recevoir des possesseurs d’Alter particuliers. Je passai le mur extérieur. Je venais de pénétrer dans la prison… Je n’avais jamais fait ça, auparavant.

Rapidement, je balayai la prison tout en restant à l’intérieur des murs. Finalement, j’atteignis la fameuse aile où je devais supposément rencontrer des mecs badass avec des Alters prometteurs. Au fur et à mesure de ma progression je relâchai les spores qui s’étaient mélangés à mes cellules. L’effet était quasi-immédiat, m’avait assuré Adrix. Bientôt, toute l’aile de la prison regorgerait de ses champignons et autres infections. Dès que j’eus fini de tout libérer, je quittai au plus vite les lieux.
Je retrouvai ma forme entière et humaine dans la rue, un peu plus loin. Là, je m’appuyai contre un mur et vomis tripes et boyaux. C’était vraiment trop répugnant d’avoir fait ça. Un jour, je lui rendrais la pareille.

Je rejoignis péniblement le point de rendez-vous. Nous avions un peu de temps avant la suite du plan. D’abord, le personnel de la prison devait se rendre compte de la propagation des champignons. Puis, ils allaient appeler l’agence de désinfection. C’était le déguisement d’Adrix qui nous avait donné l’idée. J’enfilais ma combinaison de protection. Nous allions nous faire passer pour cette fameuse agence.

Quelques heures plus tard, nous étions dans la prison – et pas loin des ex-recrues de la Ligue, de surcroit –, armés de pulvérisateurs à pression manuelle qui devaient soi-disant être remplis d’antifongiques de toutes sortes. Uhuh. Je levai le pouce de mon gant de protection en l’air, à l’attention de l’homme champignon. Mission accomplie.
Sae Hee Yoon
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Sergeï Kirilov
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Sergeï Kirilov
Ven 16 Sep - 1:14

Sergeï Kirilov en Prison ! Cela doit être une farce. Cela ne peut être qu’une farce car il est impossible qu’après tout ce que j’ai traversé, je puisse me faire arrêter aussi simplement. Les années au sein de l’asile, la fuite vers le japon et les innombrables petits crimes que j’ai commis afin de survivre. Tout cela pour être trahis par ce groupe minable et lâche que s’est révélé être la Ligue des vilains. A toute chose malheur est bon, j’ai au moins pu discerner la valeur de ces misérables avant de les avoir rejoint mais désormais je me retrouve  à nouveau seul et je vais devoir me tirer de ce trou par mes propres moyens. Le grand Sergeï Kirilov ne sera pas jugé en ce pays et je n’y mourrais pas non plus, pas tant que je n’aurais pas tué All Might.

Néanmoins bien que la prison soit modeste, elle est équipée pour restreindre des utilisateurs d’Alters agressifs. Depuis mon arrivée, les gardes m’ont enfilé une camisole qui en soit n’est pas suffisamment résistante au vu de ma force physique mais l’astuce repose sur un ingénieux dispositif à la base de ma nuque. Lorsque le gadget détecte une anomalie dans l’activité de mon métabolisme il m’injecte un puissant tranquillisant qui pourrait assommer un cheval. A cela s’ajoute que je n’ai pour tout compagnon de cellule une caméra scrutant mes moindres faits et gestes, le japon se permet ensuite de railler la Russie sur la question des droits de l’Homme. Mon physique sur lequel j’ai tant compté au cours des dernières années ne m’est plus d’aucun secours et seul mon esprit pourra me sortir de ce pétrin. C’était ce dont j’étais persuadé jusqu’à ce que des champignons me sortent de mon bloc.

Alors que j’entamais un nouveau jour d’emprisonnement je pus remarquer les murs se couvrirent d’un infect résidu organique qui par-dessus tout dégageait une odeur de moisissure. J’avais grandi dans un village rurale de Sibérie où l’on élevait des animaux, autant dire que j’avais eu mon lot d’odeurs désagréables mais jamais je n’avais jamais senti pareille horreur. Toute l’aile de la prison semblait toucher car j’entendis du mouvement à l’extérieur de ma cellule, des cris et des bruits de déménagement brusques. Je cognai ma tête contre la porte métallique avant de crier à l’attention des gardiens pour savoir ce qu’il se tramait. Un bruit de verrous précéda l’ouverture de ladite porte. Plusieurs gardiens se tenaient dans l’encadrement, l’un d’eux s’avança et me colla un coup de matraque dans l’estomac qui me fit plier. C’est alors que deux autres m’enserrèrent de chaque côtés puis me traînèrent vers l’extérieur.

La prison était sans dessus dessous, les gardes déménageaient tous les prisonniers de l’aile car la pourriture s’était répandue partout de même que l’ignoble odeur. Dans de telles conditions je comprenais pourquoi les geôliers étaient aussi tendus, ce qu’ils redoutaient par-dessus tout, à savoir l’émeute, avait toutes les chances de se produire. Cela était peut être mon ticket pour la sortie mais rien ne pouvait me confirmer que si je démarrais les violences d’autres condamnés me suivraient. Je reconnaissais certains d’entre eux qui avaient été arrêtés en même temps que moi mais concrètement je ne pouvais jurer de personnes. C’est alors que je remarquais deux individus au rez de chaussée du bloc. Ils portaient des combinaisons à risques chimiques et si l’un d’eux arborait un masque à gaz, l’autre avait le visage à nu. Il s’agissait d’une jeune femme plutôt quelconque mais ses traits forcèrent mon attention car ils m’étaient familiers. Alors que les gardes m’emmenaient, je m’efforçais de me rappeler où j’avais pu déjà la croiser lorsque fusa la révélation. Le test de la Ligue, c’est là que je l’avais vu, elle y avait participé.

Que pouvait-elle faire ici ? La Ligue envisageait elle d’organiser une évasion ? J’avais peut être mal jugé ces individus, après tout ils menaient la vie dure à la société héroïque et une simple prison ne devait guère les effrayer. Cependant pourquoi envoyer une nouvelle ? Qui plus est je ne savais pas s’ils l’avaient effectivement recruté. Était-ce une extension du test à son intention ? Faire évader ses « camarades » pour prouver sa valeur. Il y avait tant de questions et je ne pouvais obtenir aucune réponse, rien d’autre que l’incertitude et ma vie ainsi que ma liberté reposaient sur ces incertitudes. Un des gardes m’aboya de marcher plus vite et ma réaction ne se fit pas attendre. Un sursaut d’orgueil naquit de ma frustration et de mon impuissance, j’avais passé ma vie à compter sur moi seul et me hisser vers le sommet. Compter sur les autres ne m’avait jamais rien apporté et aujourd’hui je devais laisser reposer mon destin sur une gamine que j’avais croisé et une hypothétique évasion ? Ma mâchoire se contracta et je me stoppai net pour appuyer sur mes jambes afin de pousser vers l’arrière afin de déséquilibrer mes geôliers et leur faire lâcher prise. Je ne pouvais utiliser mon alter mais je restais un homme de plus de deux mètres et bien bâti de surcroît.

Grâce à la surprise je parvins à me débarrasser d’eux, le troisième gardien qui menait la marche eu juste le temps de se retourner, matraque à la main, pour me voir lui foncer tête baissée dans l’estomac. Il fut projeté vers l’avant avec le souffle coupé et j’en profitais pour courir tout droit sans m’arrêter. Je n’avais aucune idée d’où j’allais mais je ne me laisserais plus mener comme du bétail docile et qui sait mon action conduirait peut être mes compagnons d’infortune à se rebeller.
Sergeï Kirilov
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Alter: Sound of Life
Sam 17 Sep - 14:35

Du bruit. Beaucoup trop de bruit pour ces horaires là dans la banlieue. Quelque chose n'allait pas et Kiseki voulait aller voir ce qui se passait. Il ne pouvait pas entendre très clairement mais il se faisait une idée de la situation. Beaucoup de gens, des voisins probablement, discutaient entre eux. La prison, non loin, venait de recevoir des détenus en grand nombre suite à une intervention de héros. Soit. Il avait déjà entendu cela de nombreuses fois les jours précédents et cela lui avait même fait poindre une migraine. Quel ennui. Il allait laisser tomber son écoute quand un brouhaha intelligible se fit entendre.

Champignons, prison, désinfection. Quelque chose ne tournait pas rond dans cette prison. Ses pas l'y dirigèrent. Des moisissures avaient germé dans la prison et il fallait nettoyer cela. Des responsables avaient appelé des équipes de désinfection et elles étaient en route. Il venait d'arriver dans la rue où était l'entrée de la prison. Les prisonniers semblaient nerveux au vu de ce qui se passait et certains semblaient même prêts à se rebiffer. Une douce mélodie de leurs chuchotements arrivait au creux de ses oreilles.

La porte d'entrée se dressait devant lui. Isolant la voix du chef de la prison, il l'imita et fit en sorte de se faire ouvrir la voie par les surveillants après avoir fait "sonner" un téléphone. Il se présenta comme un conseiller spécial à la sécurité chargé de venir les épauler pour la désinfection des locaux. Certains gardes trouvèrent cela étrange. Il n'avait pas d'accréditations ou autre mais bon... Le directeur leur avait dit de le laisser entrer et ils n'avaient pas envie de le rappeler pour vérifier si cela était vrai. Ils risqueraient de passer pour des idiots. Pfff. Ces prisons étaient donc si mal surveillées? Aucun héros ne passait de temps à autre mesurer la température? Dommage pour eux. Il était d'une humeur exécrable. Que faire ce soir? Son esprit plana un instant et il sourit. Hmmmm.

Un petit comique venait de se rebeller. Un sujet de choix. Il n'était qu'à quelques couloirs de lui. Enfin un détenu valable. Il ne restait plus qu'à motiver les foules et à déchaîner les passions. La journée risquait d'être bien plus intéressante que prévu.

« Chers détenus bonsoir! Comme vous vous en doutez, des événements favorables pour vous se produisent en ce moment même dans la prison. Suite à une moisissure inopinée de certaines zones du bâtiment, les autorités ont fait appel à des équipes de désinfection et la tension ambiante a fait rebeller de nombreux détenus. Alors... J'ai décidé de vous faire un cadeau et de vous laisser tenter votre chance! A vous tous! Amusez-vous bien! »

D'un Vibrato sifflant, il fit ouvrir la majorité des cellules alentours. L'émeute venait de commencer dans des cris et des "HOURRA POUR LA VOIX!" tonitruants. Pour le moment, il n'avait fait que souffler sur les braises de la révolte et celles-ci prenaient. Son objectif était tout autre en réalité. Il voulait sélectionner des individus intéressants pour faire équipe avec lui. Pour se hisser au sommet comme il aimait à se le répéter. Ce premier rebelle semblait avoir du potentiel. Il ne lui restait plus qu'à le trouver. Il venait d'isoler sa voix. Plus qu'à le rejoindre du coup pour voir ce dont il était capable.
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Adrix Viyers
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Adrix Viyers
Mer 21 Sep - 22:13
Quelle étrange demoiselle que voilà. Non contente d'accorder à l'homme champignon l'attention qu'il suppliait l'univers de lui donner, elle était même assez brave pour se laisser implanter des spores nauséabondes. Tout ça dans le but d'infecter la prison et leur donner une excuse pour s'introduire à l'intérieur et libérer les prisonniers. Le stratagème était ingénieux, même si terriblement risqué. Aucun individu sain d'esprit n'oserait s'aventurer en plein milieu du territoire ennemi avec si peu de moyens et un plan laissant tant de place à l'improvisation. Fort heureusement pour Sae, son nouvel acolyte s’était depuis longtemps défait de ce fardeau qu’était le bon sens.
Le processus d’implantation des substances toxiques était… Peu ragoutant à décrire et finalement jamais assez délicat. Adrix n’avait jamais eu besoin d’user de son don de manière si précise et, à dire vrai, ne l’avait que très peu employé sur d’autres personnes. Au moindre faux pas, il risquait de lui injecter un spécimen dangereux, ou faire d’elle une droguée à vie. Un détail qu’il se garda bien de mentionner, de peur de la décourager. Si jamais il loupait son cou de manière monumentale, elle ne serait plus en état de s’en plaindre de toute façon.

Heureusement, en bonne partie grâce à la chance, tout se déroula sans accroc et le duo improbable se retrouva vite au milieu d’une prison infestée par la moisissure et en proie à la panique. Les gardes ne savaient comment gérer cette soudaine puanteur et les prisonniers agités n’hésitaient pas à exprimer toute leur rage. Le grondement d’une rébellion ne tarda pas à se faire entendre, une émeute qui s’embrasa lorsqu’un captif, un grand gaillard solidement bâti, décida de s’en prendre à ses geôliers de la force de ses bras puissants. Adrix hésita. Devait-il se dépêcher à sa rencontre pour lui prêter main forte ? Ce geste risquait fort de mourir dans l’œuf dès lors que le reste du personnel lui tomberait dessus. Et c’était sans parler des systèmes de sécurités l’empêchant d’user de son Alter. Mais un troisième protagoniste décida de rajouter son grain de sel à ce plan d’évasion improvisé.

« Chers détenus bonsoir! Comme vous vous en doutez, des événements favorables pour vous se produisent en ce moment même dans la prison. Suite à une moisissure inopinée de certaines zones du bâtiment, les autorités ont fait appel à des équipes de désinfection et la tension ambiante a fait rebeller de nombreux détenus. Alors... J'ai décidé de vous faire un cadeau et de vous laisser tenter votre chance! A vous tous! Amusez-vous bien! »

Une espèce de bruit strident résonna dans les couloirs et, par un phénomène de vibration, provoqua l’ouverture de toutes les cellules. Les prisonniers hurlèrent leur joie. Adrix déglutit avec appréhension. Les fauves étaient lâchés, cet endroit allait bientôt se transformer en un enfer chaotique. Les gardes étaient débordés, incapable de contenir tant d’ennemis à la fois. C’était l’occasion rêvé pour agir, mais les héros professionnels ne tarderaient pas à venir mâter cette émeute. Il fallait quitter ce piège avant que les renforts les plus bourrins n’arrivent. L’homme mycose était encore assez sain d’esprit pour savoir qu’ils n’auraient aucune chance si quelqu’un du calibre d’All Might venait leur voler dans les plumes.
Il fallait réfléchir et agir vite ce qui, dans le cas d’Adrix, signifiait suivre son instinct au pif et espérer que le meilleur se produise. Sans trop savoir où il pouvait aller, il se dirigea vers ce gros costaud qu’il avait aperçu tantôt, espérant le retrouver dans le dédale de couloirs. Quite à choisir, il préférait avoir le grand gugus de son côté. C’est tout juste s’il notifia Sae de ses intentions.

-Euh… Je vais par-là !

Avec la grâce et l’élégance d’un poulet décapité, l’homme au masque à gaz déboulait à toute vitesse dans les couloirs, faisant de son mieux pour ne pas être pris dans un des échanges de coups qui éclataient tout autour de lui.
Hélas, à peine arrivait-il près du gros costaud de tantôt qu’un prisonnier lui tombait dessus, le prenant sans doute pour un membre du personnel. N’écoutant que son courage, Adrix resta tétanisé de trouille lorsqu’une masse muscles faisant près du double de sa taille le bouscula.  Une bien belle opportunité que son agresseur mit à profit pour lui envoyer un pain en plein sur le museau, une décision qu’il regretta à l’instant précis où le masque à gaz s’envola de la figure de l’homme champignon. Il n’aurait su dire ce qui du visage d’Adrix ou de son odeur lui retourna le plus les boyaux, mais cela n’avait pas grande importance. Car tandis qu’il se retournait pour vomir son déjeuner, la mycose humaine, elle, respirait une pleine bouffée de psychotropes. Pour lui, le monde se teinta en un instant de mille couleurs chatoyantes. Les rouages de son cerveau se mirent à tourner à toute vitesse, muant sa couardise en agressivité. Son visage se tordit en une grimace constipée, comme s’il venait d’absorber une quantité absurde de caféine. Ça allait soudain beaucoup mieux dans sa tête.
Adrix bondit sur son agresseur à la manière d’un singe enragé, plaquant sa paume contre le visage patibulaire de sa victime trop surprise pour réagir. Pendant quelques brèves secondes, cela n’eut aucun effet apparent, puis ce fut un cauchemar. Le malfrat commença à paniquer alors que son faciès commençait à moisir à vitesse grand V. Des fungus, friands d’endroits humides, se développèrent dans ses narines et dans sa bouche, recouvrant sa langue en quelques instants. Ce qui aurait dû être des cris d’horreurs se retrouva bien vite étouffé en un gargouillis répugnant. Lorsqu’Adrix lâcha prise, sa proie peinait à respirer et était littéralement en train de se noyer dans son propre vomi. C’est les yeux rougis par les substances illicites qu’il apostropha celui qu’il connaîtrait bientôt sous le nez de Sergeï Kirilov, cherchant son masque à gaz à tâtons malgré son état second un brin fou.

-Viens par là ! La camisole ! Enlever ! Atatata

Adrix Viyers
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Sae Hee Yoon
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Sae Hee Yoon
Ven 23 Sep - 22:20

Cet homme, là, c’était un de ceux qui s’étaient fait arrêter. Celui-là aussi, certainement. Je les reconnaissais parfois mal, mais pour la plupart leur tête me disait quelque chose au moins. Ils passaient les uns après les autres, silencieux et sévèrement escortés. On les faisait passer d’un bloc à un autre. C’était le moment pour nous de passer à la seconde partie du plan, celle qui consistait à les libérer. Toutefois, cela allait être compliqué s’ils n’y mettaient pas du leur. Avaient-ils été drogués ? Soudain, l’un deux fit un geste de rébellion. C’était notre chance. J’esquissai un sourire. Il se débarrassa rapidement de ses geôliers. Cependant, avant même qu’Adrix ou moi ne puissions esquisser un mouvement, un événement bien plus important se produisit.

Une voix. La personne semblait bien renseignée sur l’état des choses dans la prison ; la contamination, l’équipe de désinfection, tout y était. Cependant, ce qui disait la voix n’était qu’un mensonge. De nombreux détenus qui se rebellaient ? Evidemment, tout ceci n’était dit que dans le but d’haranguer la foule de détenus qui s’interrogeaient, se demandant si quelqu’un allait les suivre s’ils en profitaient pour déclencher une émeute. Pfff, nul. C’était ce que je pensais, jusqu’à ce que cette voix ouvre les portes des prisons. De la seule vibration de sa « voix » ce type avait libérer l’ensemble des prisonniers.

Cela aurait dû nous réjouir. Nous étions venus les libérer – certes, nous voulions libérer le strict nécessaire et là ils étaient tous libres. Bien au contraire, cela jeta un goût amer dans ma bouche. A qui appartenait cette voix et quel était son but ? Je songeai immédiatement à un piège, ou pire encore, quelqu’un qui voulait me doubler. Je craquai les os de ma main. Je ne m’étais pas donnée tout ce mal pour me faire doubler par un castrat qui se la pétait. Le chaos qui se mit à régner ne m’impressionna pas. Tous ces individus qui se prenaient tout d’un coup pour des hommes me filaient la gerbe. Ils ne valaient rien.
Cela dit, cela impressionna peut-être mon compagnon champignon qui s’enfuit dans une direction. Je notais rapidement qu’il allait droit vers le premier rebelle – ce grand gaillard qui avait renversé son escorte. Hum, alors peut-être qu’il ne fuyait pas vraiment mais qu’il allait aider ceux qui nous intéressaient à se libérer… Je décidai de lui faire confiance, de lui accorder le bénéfice du doute. Au détail près qu’il m’avait abandonnée sans la moindre politesse et que ce genre d’attitude ne me plaisait pas du tout. C’était grâce à moi que cette espèce de morille était encore libre.

Je me débarrassai de ma tenue de désinfection puis m’approchai d’un ex-détenu l’air un peu hagard qui ne demandait visiblement qu’à taper sur tout ce qui bougeait. Je pointai du doigt Adrix qui disparaissait dans le couloir. « Lui. Membre du personnel. Clés. » J’allais suggérer le plus important – c’est-à-dire d’aller le frapper pour prendre les clés et s’enfuir – mais le type qui n’était pas si bête apparemment le comprit sans que j’eus à le dire. Il se mit alors à courir comme un fou furieux à la poursuite de l’homme moisi. Tch. Si ce gars pouvait mettre un bon pain dans la gueule d’Adrix pour moi, c’était parfait. Ma vengeance personnelle avant l’esprit d’équipe ; c’était comme ça avec moi. Il ne fallait pas me contrarier.

D’ailleurs, en parlant de contrarier, il y avait cette voix… Je disparus dans un mur. Il était beaucoup plus simple d’espionner les gens ainsi. Je décidai de rejoindre la zone réservée au personnel dans le couloir d’à côté. Ces derniers devaient certainement avoir une idée du propriétaire de la voix. Je ne fus pas déçue.

« - QUI a laissé ce putain d’enfoiré entrer ?!
- Il… Il… Le directeur a dit de le laisser entrer… J-Je…
- Attrapez-moi TOUT DE SUITE ce type si vous ne voulez pas que je vous étripe !
- Chef, on l’a aperçu qui se déplaçait dans notre direction ! »

Il venait donc vers le bloc où les ex-recrues de la Ligue étaient retenues. Cela paraissait logique ; ce type voulait vraiment me doubler. Je souris intérieurement. Il allait crever avant même d’arriver dans cette aile de la prison. J’allais rapidement à sa rencontre, dissimulée dans les murs. Je ne tardai pas à le croiser et cela ne faisait aucun doute qu’il s’agissait de lui. Il fallait être aveugle pour ne pas voir de quelle façon il se distinguait du reste des détenus – et il était exclus qu’il s’agisse d’un membre du personnel.
Je profitai du fait qu’il soit suffisamment proche d’un mur pour me projeter hors de celui-ci dans son dos. J’enroulai rapidement mes jambes autour de son buste et mon bras droit autour de son cou pour l’étrangler. De ma main gauche, je sortis une lame fine et la plaça sous sa gorge. « Qu’est-ce tu veux exactement ? »
Sae Hee Yoon
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Sergeï Kirilov
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Sergeï Kirilov
Sam 24 Sep - 11:38

Il me fallait courir toujours plus vite, toujours plus loin. Je n'avais aucun but et mon seul plan était de ne pas me faire attraper mais instinctivement je suivais le chemin que j'avais emprunté à mon entrée dans la prison. Dans ma foulée je pris l'escalier descendant afin de rejoindre le rez de chaussée lorsque j'entendis une étrange voix résonner à travers toute l'aile du bâtiment. Elle fut suivie par un bruit strident ainsi qu'une immense clameur. Pour ma part je déboulais dans un couloir pour y découvrir un chaos sans nom, les cellules ouvertes avaient relâchées leurs prisonniers et ces derniers étaient aux prises avec leurs geôliers dans un capharnaüm assourdissants. Je restai figé quelques brefs secondes, partagé entre la surprise et la nécessité de réfléchir à un plan d'urgence. Couper droit à travers l’émeute pour rejoindre le grand rez de chaussée de l'aile de la prison où la situation devait être encore plus chaotique ou bien m'enfoncer dans le labyrinthe de couloirs pour rejoindre l'entrée principale par un trajet plus long mais potentiellement plus calme.

Un violent choc à l'arrière du crâne me propulsa à terre. Alors que je me relevais, je senti un liquide chaud se mettre à couler dans ma nuque qui s'avéra être mon sang. Au sol, à côté de moi je vis une matraque qui se mit à frétiller toute seule avant de repartir vers l'escalier pour y disparaître au détour, inutile d'être un génie pour y deviner l'action d'un alter. Ces foutues gardes semblaient s'être lancés à ma poursuite. Sans réfléchir plus longtemps je pris l'option des couloirs labyrinthiques.

J’espérais pouvoir semer mes poursuivants dans le dédale mais alors que je courrais j’entendis un sifflement qui si rapprochait. Un rapide coup d’œil me suffit pour voir la matraque me foncer dessus en volant. Elle heurta mon visage violemment et faillit me faire perdre l’équilibre au cours de ma course tandis que le choc me cassait le nez dans un affreux craquement. A nouveau je pus voir la matraque repartir en arrière comme manipulée par une force attractive invisible. Je n’avais aucun doute sur le fait qu’elle finirait par revenir et non seulement elle me blessait chaque fois un peu plus mais elle guidait aussi le garde droit vers moi. Cet ordure avait dû me marquer avec son alter au moment de ma sortie de la cellule.

Un bruit de course attira mon attention vers l’avant, il s’agissait de l’homme au masque à gaz que j’avais vu plus tôt avec la gamine. Il semblait se diriger droit vers moi mais il n’avait pas vu semble t-il le gros tas imposant qui le poursuivait. Quelle idée de se déplacer avec un tel attirail sur le visage, pas étonnant qu’il ait du mal à percevoir ce qui l’entoure. Le prisonnier l’empoigna mais je n’eus pas l’occasion d’en voir plus car le sifflement se fit entendre à nouveau. Au vu de la durée séparant ce nouvel assaut du précédent je pouvais deviner que le garde n’était plus très loin. La matraque surgit de l’ombre visant encore et toujours mon visage mais cette fois j’attendais le dernier moment pour me jeter sur le côté  et l’éviter. L’objet décrivit un détour dans l’air avant de foncer à nouveau sur moi pour se fracasser contre mon crâne intensifiant le saignement. Sitôt fait elle repartie d’où elle était venue mais cette fois je pus voir sa destination. Le garde avançait d’un pas tranquille, un air narquois sur le visage tandis que la matraque se déposait délicatement dans sa main.

-Viens par là ! La camisole ! Enlever ! Atatata

L’interpellation me fit jeter un regard pour y découvrir une vision d’horreur. Je ne pus retenir un juron russe face à la chose la plus ignoble que je n’ai jamais vu et qui hante encore mes cauchemars. Un amas de champignons et de chairs indistinctement mêlées dans un patchwork répugnant duquel suintaient des liquides colorés et vifs et cette chose parlait !!!!! Non seulement elle parlait mais elle s’adressait à moi et pire encore elle semblait vouloir se rapprocher de moi. Alors qu’il ramassait son masque à gaz pour avancer dans ma direction j’eus un mouvement de recul. Plus loin le garde qui venait d’apercevoir la chose porta sa main à sa bouche pour retenir un vomissement soudain. Je remarquai alors le gros tas qui s’était jeté sur la chose plus tôt, il se tordait au sol dans un gargouillis immonde. Son visage semblait recouvert de la même pourriture fongique qui avait infesté la prison. Les rouages de mon cerveau se mirent à tourner à toute allure pour faire les liens évidents, quelque soit cette créature elle était de mèche avec la gamine et avait vraisemblablement contribué à provoquer ce chaos ambiant.

-T…tu es avec la Ligue ?

Parler était difficile car le simple fait d’ouvrir la bouche face à ce tas d’immondices me donnait une sainte envie de régurgiter tout le contenu de mon estomac. Cependant je n’eus pas l’occasion d’entendre la réponse car un troisième choc me fracassa l’arrière du crâne. A force même un physique comme le mien finissait par flancher, je commençais à voir trouble tandis que mon corps s’engourdissait. Il me fallait me débarrasser de cette camisole et du dispositif restreignant mes pouvoirs mais jamais le garde ne m’en laisserait l’occasion. C’est alors que je vis les mains de la créature s’approcher de mon visage et son interpellation me revint en mémoire comme un éclair de lucidité au milieu de mon état confus. Je me redressai brutalement pour reculer en rampant jusqu’à ce que je sois dos au mur.

- NE ME TOUCHE PAS ! JAMAIS ! Occupe l’autre enfoiré si tu veux m’aider.

Sans attendre de voir s’il s’exécutait je me mis à cogner l’arrière de ma tête contre le mur, peu importe à quel point je pouvais me blesser ou accentuer les dégâts il me fallait briser le dispositif, mon alter s’occuperait du reste.

A chaque coup je sentis la douleur devenir plus poignante tandis que le sang coulait à grands flots. Mon esprit n’était plus seulement embrumé mais sur le point de sombrer dans un état comateux et seule ma volonté me faisait tenir. J’entendis finalement un déclic et sans même savoir si j’avais réussi, j’enclenchais les capacités régénératives de mon alter. Une bonne minute passa au cours de laquelle je vis la brume se dissiper, ma vue regagna sa clarté et je senti la blessure se refermer. Sans même attendre qu’elle soit complètement guérie je concentrais toute l’attention de mon métabolisme sur la croissance musculaire afin de déchirer la camisole. Dans un hurlement de rage je me remis debout et fit voler le vêtement en morceaux tandis que les muscles de mes bras avaient quadruplés de volume. Il était temps que j’obtienne des réponses et le tas de champignons allait me les donner. De plus s’il n’était pas parvenu à régler le compte du garde, j’allais pouvoir me défouler.
Sergeï Kirilov
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